—Ce sont des gens envoyés par Son Altesse. Ils apportent une lettre et l'anneau de votre père. Il faut livrer les prisonniers.
Akbar demanda:
—C'est mon père qui a donné cet ordre?
—Lui-même! Voici son anneau, vous dis-je, voici sa lettre.
—Alors Abdoullah-Khan est un chien et je n'ai pas de père!
Ce disant, il déchargea ses deux pistolets sur les hommes rassemblés devant lui: il en tomba un, et il lui fut répondu par une décharge qui ne l'atteignit pas. Il mit le sabre à la main. A la même minute, Mohsèn et Djemylèh parurent aux côtés du jeune homme.
—Ahmedzyy, dit-il avec force, tu vas voir que les hommes de ma tribu ne sont pas des lâches!
Il saisit son fusil et fit feu. Les agresseurs poussèrent un cri de rage et s'élancèrent à l'assaut. Mohsèn tira à son tour. Djemylèh tenait déjà l'arme d'Akbar et la chargeait. Ensuite elle fit de même pour celle de son mari, et, pendant un quart d'heure, elle remplit cet office sans se troubler. Tout à coup, elle porta sa main sur son cœur et chancela; une balle venait de lui traverser la poitrine. A la même seconde, Akbar roulait à ses pieds, mortellement atteint à la tempe.
Mohsèn se jeta sur Djemylèh, la soutint, l'embrassa, leurs lèvres s'unirent. Ils souriaient tous deux et tombèrent tous deux; car une nouvelle décharge vint frapper le jeune homme, et leurs âmes ravies s'envolèrent ensemble.