C’était une matinée heureuse. Ma montre, accrochée au chevet du lit, marquait dix heures. Or, pour nous réconforter, est-il rien de tel que le jour, le radieux soleil? Surtout quand on sent les dehors embaumés et la campagne pleine d’un vent frais dans les arbres, les fourrés épineux, les fossés couverts de fleurs et tout humides d’aurore!
Je m’habillai à la hâte, très oublieux du sombre commencement de ma nuitée.
Complètement ranimé par des ablutions réitérées d’eau fraîche, je descendis.
L’abbé Maucombe était dans la salle à manger: assis devant la nappe déjà mise il lisait un journal en m’attendant.
Nous nous serrâmes la main:
—Avez-vous passé une bonne nuit, mon cher Xavier? me demanda-t-il.
—Excellente! répondis-je distraitement (par habitude et sans accorder attention le moins du monde à ce que je disais).
La vérité est que je me sentais bon appétit: voilà tout.
Nanon intervint, nous apportant le déjeuner.
Pendant le repas notre causerie fut à la fois recueillie et joyeuse: l’homme qui vit saintement connaît, seul, la joie et sait la communiquer.