La police, dit-on, s'entremit même, dans l'intérêt du dompteur, et suspendit toute reprise publique des hostilités.
Ce nonobstant, voici qu'aujourd'hui l'on nous mande (et triples mailloches aux poings!) que, par une innovation géniale ou tout comme, le bien-avisé directeur du théâtre de la Porte-Saint-M*** se propose d'intercaler,—en sa reprise (vraiment inespérée!) d'une féerie, la Biche aux abois,—quoi? je vous le donne en mille!...—quatre lions!
—C'est une idée, cela?... N'est-ce pas!—Au théâtre, une idée s'appelle un clou.
Donc, au nom de la liberté des théâtres, tel hasardeux entrepreneur d'une scène, hier sortable, de Paris, va, disons-nous, contraindre, à nouveau, le triste cheptel de ses habitués, de ruminer encore cette immortelle féerie, en la pimentant, sans vergogne, de cette tragique pincée de braves lions,—à la femelle du moindre desquels le plus téméraire des spectateurs n'oserait certes pas tendre la main, crainte d'un refus.
Un moment:
1o Sont-ce les mêmes lions? Les lions élevés au fer rouge?
2o D'après diverses confidences, j'inclinerais à le penser.
3o L'illicébrant bestiaire compte-t-il procéder avec les mêmes caresses?
4o Et quand ce ne serait pas les mêmes lions, qu'importe alors!
Dans la seule hypothèse d'une torture quelconque, et ne sachant jusqu'à quel point le veto de M. le Préfet de police pourrait suffire (corroborant même les avis antérieurs de sa judicature), je viens, tout bonnement, moi, passant obscur, placer les susdits lions sous l'égide, plus efficace encore, de la Loi;—dont ils sont, d'ailleurs, l'emblème (surtout en cage).