Tullia Fabriana les salua d'un mouvement de tête, demi-souriante. Le prince, avec une négligence amicale, d'un tact et d'un goût parfaitement mesurés, s'inclina; Wilhelm s'inclina aussi, mais troublé comme par un éblouissement.
La marquise, avec un signe d'approcher, vint auprès de la fenêtre. Le prince Forsiani prit le jeune homme par la main:
—Madame la marquise, dit-il, j'ai l'honneur de vous présenter le comte de Strally-d'Anthas.
Tous deux prirent place devant la jeune femme. Elle s'était appuyée, en s'adossant, les mains à moitié jointes: son coude reposait sur l'un des bras du sofa.
—Monseigneur, ne me disiez-vous pas, hier au soir, que vous deviez nous quitter cette nuit même? demanda-t-elle.
—Oui, madame: et, si quelques soins vous inquiétaient près de la cour de Naples, serais-je assez heureux d'y veiller à votre place?
—La reine m'a fait l'honneur de m'écrire la semaine passée, et deux lignes, ajoutées par lord Acton, exprimaient d'assez vives instances au sujet d'une réponse immédiate. Plusieurs difficultés ne m'ont point permis de le satisfaire avant ce soir. Je désire simplement offrir à Sa Majesté mes regrets de ne pouvoir lui être utile dans les circonstances dont elle me parle,—et, puisque vous me laissez disposer de votre complaisance...
—Mon absence ne sera pas longue, je l'espère, ajouta-t-il.
Pendant que Fabriana parlait, Wilhelm était devenu la proie d'un phénomène d'une froide horreur.