Et il vit s'élever, avec lenteur, devant lui, dans ces mêmes ombres, comme un autre geste enveloppé de voiles; il eut l'impression de deux bras qui se joignaient,—oh! douloureusement!—autour de son cou. Une forme aux blancheurs radieuses attirait son front vers elle..., et ce fut l'essaim des pâles joies infinies, le tremblement des rêves divins, le supplice...

Ce soir-là le comte de Strally-d'Anthas s'anuita chez la marquise Tullia Fabriana.

NOTES

[1] Par exemple, il serait permis de rappeler, entre tant d'autres, la découverte de la force vitale centralisée dans tel nœud de notre moëlle, tel mode d'activité de la pensée localisé dans telle couche de pulpe cérébrale [de manière que l'on ôte ou que l'on remet, à volonté, la faculté de discerner, de vouloir, de souffrir, etc., dans le cerveau d'un animal en enlevant ou en replaçant telle tranche de sa cervelle, comme cela se pratique aujourd'hui dans nos Académies de médecine]; la découverte plus ancienne de l'indépendance de l'irritabilité;—la découverte de l'identité des métaux soléliens et des nôtres [découverte obtenue, comme on le sait, par l'analyse chimique des rayons saisis dans la chambre obscure];—la découverte de la sensibilité de l'aimant [par laquelle le geste de l'être vivant se trouve en contact immédiat, cette fois, avec la physique]; la découverte de la reproduction des espèces par les forces créatrices de la nature [c'est-à-dire par les principes métalliques et animés contenus dans un globule de sang, lequel, jeté dans un vase rempli d'eau préparée, y fait germer des centaines d'animaux qui s'y développent, deviennent propres à notre alimentation et sont pourvus d'organes aussi parfaitement emboîtés que ceux obtenus par la génération ovarienne]; la découverte de Neptune dans le ciel [découverte qui est venue confirmer à jamais l'astronomie, comme la découverte de l'Amérique vint confirmer la science physique]; la découverte de la fusion des os d'un organisme dans un autre [grâce à laquelle, en chirurgie, on peut substituer, maintenant, l'os d'un animal à l'os humain d'une si parfaite manière, que, au bout de quelque temps, le premier remplace absolument le second];—etc., etc.

[2] Si l'on voulait analyser attentivement chaque branche scientifique du progrès, l'idée de son importance et son aspect général se modifieraient peut-être beaucoup dans les esprits, et même dans les esprits de ses plus déterminés partisans. Sans établir une théorie de compensations (laquelle, d'ailleurs, ne saurait jamais être rigoureusement exacte, car pour connaître une époque, il faudrait n'être que de cette époque), il serait facile, en s'en tenant à son siècle, de trouver des contradictions dans la plupart des découvertes qu'il présente. Soit une science: prenons celle qui lutte contre la souffrance physique et contre la mort, et qui souvent surseoit l'une et l'autre,—la médecine.

Il est certain que dans les temps modernes les découvertes physiologiques prennent, à l'insu du vulgaire, des proportions inattendues et capables, au plus haut point, de surprendre l'intérêt des penseurs. Jamais la précision dans l'art de guérir ne fut mieux obtenue et ne fut plus généralisée, et personne n'ignore que nos pharmacies sont richement dotées de tout ce qui peut alléger le fardeau de nos maladies.

En résultat, l'on affirme que la durée de la vie moyenne augmente dans plusieurs pays et l'on va jusqu'à fournir des chiffres de cinq, six et sept années...

Cependant, ce principe étant posé que les statisticiens ne peuvent offrir de chiffres exacts que depuis un siècle, sur quelle base solide ou même acceptable peut se fonder une certitude quelconque de cette hausse apparente d'existence,—surtout lorsqu'on mentionne des intervalles d'oscillations durant ce siècle?...—Comment concilier ces chiffres avec les totaux obtenus par les statistiques de la misère en Europe, totaux dont la progression annuelle s'élève d'une manière sensible?—Comment, enfin, accorder cette amélioration de la durée moyenne de l'existence, dans nos pays, avec les immenses quantités d'alcools, de boissons et d'aliments falsifiés, avec les habitations exiguës et mal aérées, avec la grande négligence de l'hygiène, etc., etc.?...