Au fond, c'est, à peu près, le processus physiologique de la démarche humaine, et, pour être plus occultes en nous, ces moyens de locomotion ne diffèrent des nôtres que dans leur seule APPARENCE à nos yeux. Qu'importe, d'ailleurs! pourvu que l'Andréïde marche?
Les entrecroisements de ces fils d'acier suffisent pour attirer le poids, du torse tout d'abord un peu en avant lorsque la démarche est sollicitée.
Au-dessus de l'angle des bielles, voici les aimants en communication chacun avec ce fil, et voici, maintenant, le Fil générateur de la Démarche; il est directement en relation avec l'appareil dynamo-électrique dont il n'est séparé que de trois centimètres, juste l'épaisseur de l'isolateur, lorsque celui-ci s'interpose entre le courant et le fil.
Cet inducteur se prolonge jusqu'à la hauteur thoracique. Là, les deux fils qui correspondent aux aimants de chaque jambe viennent attendre de lui l'impulsion du courant dynamique: chacun la reçoit, à son tour seulement, car l'un ne s'électrise qu'en amenant l'interposition de l'isolateur de l'autre.
Excepté lorsque l'Andréïde est étendue ou lorsque l'isolateur est interposé entre le Fil générateur et les aimants, le sphéroïde de cristal est toujours en voyage, d'un disque d'or à l'autre, emprisonné dans la concavité de la coulisse qui se tend et se replie selon les mouvements des jambes. La jambe qui reçoit le cristal sur sa rondelle se tend, par conséquent, la première.
Ceci posé, voici la démonstration nécessaire à l'intelligence de cet exposé.
Nous supposerons que, grâce au léger mouvement drastique interne, imprimé par l'électrique invitation de l'améthyste, le sphéroïde aille se placer sur le disque de la jambe droite,--selon le hasard impondérable qui l'y sollicite.
Le disque, en sa non-adhérence, fléchit sous le poids du globe; sa longue tige rentre dans l'os fémoral, amenant ainsi l'adhérence du disque et du col du fémur. L'extrémité basse de cette tige désisole, en fléchissant, le fil inducteur de cette jambe. Celui-ci reçoit donc l'action du générateur.
Le fluide arrive à l'aimant de l'articulation-crurale supérieure et en multiplie instantanément la puissance. Cet aimant attire donc avec violence la brisure centrale interne de la bielle, le moyeu de fer-acier: la bielle se tend, par suite,--en ligne droite et à l'instant même,--avec une force calculée; amenant, ainsi, la tension de la jambe à laquelle elle est soudée. Celle-ci se tend sur son articulation, mais elle demeurerait suspendue en l'air--si le poids du corps, attiré par le noeud coulant de la torsade des archals (qui se tend sur la partie antérieure de la bielle), ne se portait en l'avant vers la jambe mue:--celle-ci, sollicitée par le poids de son brodequin et de son pied et sous la pesée du torse, pose, nécessairement, ce pied sur la terre, en un pas d'environ quarante centimètres. Je vous dirai tout à l'heure pourquoi l'Andréïde; ne tombe pas de côté ou d'autre.
Au moment précis où le pied touche terre, une émission dynamique arrive aux aimants de l'articulation d'acier-fer du genou: le genou se tend donc, à son tour, en sa rotule.