— Non, ma chère enfant, non, j'ai désiré connaître la nature de tes sentiments pour moi, j'en suis satisfait. Vernol excite en toi des sensations que ton imagination augmente: tu en jouiras; tu connaîtras aussi toute ma tendresse pour toi; tu sentiras que tu ne peux cesser de m'aimer, et c'est tout ce que je désire. Va, je ne suis jaloux que de ton coeur dont la possession m'est si chère.
Ce trait me confondit; une lumière vint dissiper le trouble de cette imagination fascinée, je tombai à ses genoux, toute en larmes, et mon sein palpitait; je baisais ses mains que j'arrosais de mes pleurs; mes sanglots me laissaient à peine la liberté de m'exprimer:
— Tendre papa, je t'aime, je t'adore, je ne chéris que toi; mon âme, mon coeur, tout est plein de toi. Il fut touché de ma douleur; il me releva et, me pressant à son tour en me couvrant de baisers:
— Console-toi, trop aimable et chère enfant, crois-tu que je ne connaisse pas la nature et ses lois invincibles? Va, je ne suis point injuste. C'est par expérience, par comparaison et par la complaisance la plus étendue de ma part, que produisent seules l'affection et l'amitié la plus tendre, que je désire être aimé de toi: il est temps que tu apprennes à juger des différences. Je t'ai promis que tu jouirais de Vernol: ferme dans mes principes, constant dans mes idées je tiendrai ma parole; d'ailleurs, il est aimable, bien fait, beau garçon, je lui dois cette justice; et si ce n'était pas pour lui que tu eusses senti ce désir, tu pourrais l'avoir éprouvé pour quelqu'un d'autre qui vaudrait encore moins; ainsi, j'ai pris mon parti.
Depuis ce jour je me trouvai bien moins affectée pour Vernol; et si je me suis prêtée, ma chère, à tout ce que tu vas voir, ce fut par une réunion de condescendance pour ce cher papa, de curiosité et de tempérament excité, premier principe de mon désir fantastique, que je me laissai aller. Je passai la nuit entre ses bras. Le matin, au milieu des baisers que je lui donnais à mon réveil, il me dit:
— Laurette, il faut que tu voies aujourd'hui la mère de Rose: engage-la de laisser venir sa fille passer la journée à la campagne avec toi; en même temps préviens-la qu'elle ne soit point inquiète si elle ne revenait pas le soir, que tu pourrais, peut-être, ne la ramener que demain. Nous prétexterons que la voiture nous a manqué, et tu la garderas ici jusqu'à demain. Quand tu seras avec elle en liberté, tu pourras juger de sa façon de penser et de tout ce qu'elle fait: elle paraît avoir de la confiance et de l'amitié pour toi; aussitôt que tu sauras à quoi t'en tenir, tu m'en instruiras.
Je crus de ce moment qu'il avait formé des desseins sur elle; il ne m'en fallut pas davantage pour m'empresser, sans autre réflexion, à entrer dans ses idées et à me prêter à tout ce qu'il avait projeté. Je soupçonnais déjà Rose aussi savante que je l'étais, ou à peu près. Tout fut conduit comme il l'avait arrangé. Elle vint; la porte fut close à tout le monde: nous passâmes la journée seuls dans toutes les folies que nous pûmes imaginer. Je lui faisais cent agaceries; elle me les rendait avec usure. Je découvrais sa gorge, je faisais baiser ses tétons à mon papa; ses fesses, sa motte, son con, essuyèrent mes lutineries; je la tenais entre mes bras pour qu'il lui en fît autant; elle riait, folâtrait; et, quoique à chaque espièglerie nouvelle elle fit des demi-façons, elle se prêtait à tout; aussi son teint était-il très animé et ses yeux étincelants. Le souper vint, où je ne la ménageai pas; je lui versais à plein verre; je soufflais le feu qui la brûlait déjà. Levés de table, nous recommençâmes nos folies; elle ne fit plus aucune résistance; je la renversai, le visage sur un canapé; je troussai ses jupes, et son cul découvert nous présenta une perspective que mon papa, par un dernier coup de pinceau, aurait rendue parfaite: il m'aidait à me venger de toutes les lutineries qu'à son tour elle m'avait fait éprouver. Je voulus juger de l'effet que produisaient ces jeux sur elle; je la trouvai toute mouillée, et je conjecturai qu'elle avait eu bien du plaisir pendant ce folâtre badinage. Nous passâmes enfin, Rose et moi, dans ma chambre, et nous nous préparâmes à nous mettre au lit. Dès qu'elle me vit en chemise, elle me l'arracha; je lui rendis le change et je mis la sienne à bas. Elle m'entraîna dans le lit. Elle me baisait, prenait mes tétons, ma motte; je mis aussitôt le doigt où je voyais bien qu'elle le désirait; je ne me trompais pas; elle écarta les cuisses et se prêta à mes mouvements. Je voulus en savoir davantage: je glissai mon doigt dans son con, et la facilité avec laquelle il entra me donna des lumières sur l'usage qu'elle en avait fait. Je désirais apprendre d'elle par quelle aventure elle avait perdu son pucelage. Je me préparais à la questionner lorsque mon père entra dans ma chambre et vint nous embrasser avant de se coucher. D'un seul coup, Rose rejeta la couverture: il ne s'attendait pas à nous voir totalement nues et nos mains placées au centre de la volupté. Elle passa le bras autour de son cou, l'attira, et lui fit baiser mes tétons. Je ne fus pas en reste; je lui fis prendre et baiser les siens, je promenai sa main sur tout son corps, et je l'arrêtai sur sa motte. Il s'animait, mais il nous quitta brusquement en nous souhaitant beaucoup de plaisir.
Déjà la pendule marquait dix heures lorsque, le lendemain, il rentra dans ma chambre; il nous éveilla par ses caresses et ses baisers réitérés, en nous demandant si nous avions passé une nuit agréable.
— Nous avons veillé, cher papa, longtemps après que tu nous as quittées; tu as bien vu dans quelle humeur nous étions.
Rose, que nos jeux avaient apaisée et le sommeil rafraîchie, rougit et mit aussitôt sa main sur ma bouche. Je la détournai: