D'ailleurs je ne voyais personne qui pût jeter les yeux sur moi ni arrêter les miens; cependant, j'étais dans une vive impatience et je fis de Vernol le but où je désirais atteindre.

Sa chambre était derrière celle de ma mère où je couchais.

Quand cette bonne dévote allait à l'église, où elle passait deux ou trois heures tous les matins, je fermais exactement la porte après elle. On croyait que nous dormions et l'on nous laissait en paix. Mais, continuellement éveillée par mes désirs, j'allais en chemise près de lui et je lui faisais mille agaceries pendant qu'il était dans son lit. Tantôt je l'embrassais, je le chatouillais, tantôt je tirais ses couvertures, ses draps; je le mettais presque nu; je lui donnais de petits coups sur ses fesses d'ivoire; il sautait après moi, me poussait sur son lit, me baisait et rendait sur mon cul les coups légers que je lui avais donnés. Nous avions répété deux matinées ce badinage lorsque, la troisième, en me jetant à la renverse sur son lit, ma chemise, à qui j'avais prêté un peu de secours, se trouva toute relevée et mes jambes en l'air; il aperçut aussitôt mon petit conin, il m'écarta les cuisses, il y porta la main, et ne pouvait se lasser de le regarder et d'y toucher; je le laissais faire.

— Ah! Rose, me dit-il, que nous sommes bien différents l'un de l'autre!

— Comment! lui répondis-je, quelle différence y a-t-il donc? Je lui fis cette question avec l'air de la plus innocente simplicité.

— Tiens, vois, me dit-il en troussant sa chemise et me montrant son petit outil qui était devenu gros et raide, et que je n'avais qu'entrevu jusque-là.

Je pris cette lance en main, je la considérai, je la caressai, j'en découvrais, j'en aiguisais la pointe, et j'eus enfin la satisfaction d'en faire l'examen le plus attentif. Vernol, impatient d'en faire un pareil, me dit:

— Rose, laisse-moi donc te regarder encore.

Je me rendis à sa demande et je me recouchai. Il releva mes jambes, les écarta et ne mit pas moins d'attention dans sa recherche et dans ses détails que j'en avais eu dans la mienne; mais il ignorait l'usage de ce qu'il voyait. Il était à genoux sur le lit, penché sur moi; je passai ma main entre ses cuisses et je repris son joli bijou; je m'amusai à coiffer et décoiffer sa tête rouge comme le corail. Le plaisir que je lui faisais, dont je m'apercevais, augmentait le mien: j'étais dans l'impatience; je me relevai et le renversai à son tour, je le découvris tout entier; je le baisais, je le mangeais, je caressais ses petites olives; enfin, à force de hausser et baisser ma main sur ce charmant bijou, il répandit cette liqueur que j'avais vu rendre à Courbelon par la main de Justine. Cette situation si nouvelle pour lui, l'étonnement joint au plaisir excessif dont il paraissait jouir, étaient un délicieux spectacle pour moi; sa main, placée entre mes cuisses, était restée sans mouvement. Je me recouchai sur le lit, je la pris et je lui fis faire un exercice qui lui était inconnu, et que je souhaitais vivement. Je tombai bientôt moi-même dans l'extase où je l'avais mis peu auparavant.

Tout cela lui paraissait bien extraordinaire; je l'avais conduit de surprises en surprises; elles me réjouissaient et m'enchantaient. Je recommençai mes caresses, je repris son instrument, je le baisai, je le suçai, je le mis tout entier dans ma bouche, je l'aurais avalé: il ne tarda pas à reparaître dans l'état charmant où il avait été. Jusque-là, je n'avais pas osé lui apprendre à le mettre où je le souhaitais; mais de plus en plus animée, j'arrachai sa chemise, je quittai la mienne; rien ne me cachait ses charmes naturels; je les contemplais, je les couvrais de mes mains et de mes lèvres; il me rendait les mêmes caresses à son tour.