Son petit vit était dans toute sa dureté; je me mis sur lui; je le conduisis moi-même dans mon petit conin. Ah! qu'il fut bientôt au fait: j'étais encore étroite, mais il n'était pas gros; nous poussions tous les deux; enfin, m'asseyant sur lui, je parvins aussitôt à me l'enfoncer tout entier, et j'eus l'agréable satisfaction de le sentir pour la première fois introduit où je le désirais avec tant de passion. C'est ainsi que nos pucelages, quoiqu'ils ne fussent pas bien intacts, furent enlevés l'un par l'autre. Quelle volupté nous ressentions! Vernol ne savait plus où il en était. Nous jouissions de cette félicité pure qui se sent sans pouvoir l'exprimer ni la concevoir. Nos plaisirs étaient à leur comble. Il en éprouva le premier l'excès: il déchargeait, ses bras qui m'entrelaçaient se relâchèrent, je précipitai mes mouvements, je l'atteignis, et, me laissant aller sur lui, il connut que je jouissais des mêmes délices. Serrés, collés l'un sur l'autre, nous savourions ce voluptueux anéantissement qui n'est pas moins enchanteur que le plaisir qui nous l'avait procuré. Mais, plus tôt rétablie que lui, je me vis forcée de l'engager à se servir encore de sa main et de son doigt.

Nous répétions tous les jours cet agréable exercice; j'allais dans son lit ou il venait dans le mien; partout où nous pouvions nous réunir en sûreté pendant le jour, nous le recommencions ou nous n'en prenions que l'ombre. La nuit que nous ne pouvions être ensemble, toute pleine de son image je lui consacrais les plaisirs qu'elle faisait naître; il en faisait autant de son côté, nous nous en rendions compte le matin et nous réalisions les illusions nocturnes.

Etonné dès les premiers jours de tout ce que je lui avais appris, il avait désiré que je lui dise par quel moyen j'en avais eu connaissance; mais ne croyant pas à propos de lui rendre compte d'abord de ce que j'avais vu chez ma cousine, je fixai ses idées sur des exemples généraux.

Cependant, ayant ensuite reconnu sa discrétion, je lui racontai tout, et nous tâchions d'en réaliser le souvenir et d'en imiter l'exemple.

Hélas! au milieu de nos plaisirs, notre séparation approchait; nous l'envisagions avec douleur. Ce moment vint enfin; il fallut nous quitter; ma peine fut extrême, je ne puis vous la peindre. Depuis trois ans et demi d'absence nous ne nous sommes réunis que depuis quatre ou cinq mois qu'il est revenu tout à fait chez ma mère.

(Fin de l'Histoire de Rose)

Quand elle eut fini son récit où elle était entrée dans un détail plus étendu qu'avec moi, surtout en ce qui regardait Vernol, je repris la parole:

— Tu ne sais pas, cher papa, ce que Rose m'a dit encore, elle ne te rend pas compte de tout. Ma chère Laure, m'a-t-elle ajouté, je me suis aperçue que Vernol avait pris pour toi la plus forte passion, et même il m'en a fait l'aveu.

Tiens, chère amie, je n'en suis point jalouse, je vous aime tendrement tous deux: tu es belle, il est charmant, je serais enchantée de le voir dans tes bras; oui, ma chère, je l'y mettrais moi-même, je ferais mon bonheur de sa félicité.

Ne la trouves-tu pas folle?