La première action de Rose, après ce détail, fut de trousser sa chemise et de l'enfoncer dans son con. Cette folie dans ce moment me fit rire au point que mon papa rentra pour savoir le sujet qui m'y excitait si fort. Il la vit à cet ouvrage, il ne put s'empêcher de m'imiter, et s'adressa à elle:

— Laisse-le donc, Rose, sa vertu dans ce moment n'existe plus, et nous pouvons faire quelque chose de mieux.

Elle continua donc de s'habiller. Il me prit par la main et sortit:

— Ma chère Laure, Rose sera la victime de sa passion et de son tempérament; rien ne la retient; elle s'y livre avec fureur, sans mesure ni ménagement; sois assurée qu'elle paiera de sa personne cette imprudence, ainsi que le pauvre Vernol qu'elle a jeté dans le même excès; mais je veux en profiter pour remplir mes desseins.

En effet, inébranlable dans ses réflexions, il fut la retrouver dans ma chambre, et j'entendis:

— Rose, ce que vous avez dit à Laure, au sujet de votre frère sur la fin de votre histoire, annonce votre amitié pour l'un et pour l'autre; mais peut-on compter sur la discrétion de Vernol comme sur la vôtre? Il est nécessaire qu'elle soit des plus grandes, vous devez le concevoir, songez-y.

— Oh! ne vous trompez pas sur la confidence que je vous ai faite; elle n'est pas le fruit de l'indiscrétion; mais la manière dont j'ai agi avec lui m'a fait sentir que si j'eusse été Laurette vous eussiez été pour moi ce qu'est Vernol.

L'obscurité à travers laquelle j'entrevoyais la chose s'est totalement dissipée par la façon dont nous vivons depuis hier; j'ai jugé que, dès lors, je pouvais parler sans déguisement et que vous seriez intéressés à garder, à notre sujet, le même secret qu'à votre égard je vous jure pour Vernol et pour moi, y trouvant le même intérêt. Mais, de grâce, qu'il participe à nos plaisirs; il m'a fait l'aveu qu'il était fou de Laurette, et vous vous y trouvez engagé plus que vous ne pensez. Vous serait-il donc possible de nous refuser? Je serai comblée de joie si vous ne vous y opposez pas et si, comme je le désire, la chère Laurette ne le hait pas.

— Tout me force aujourd'hui à y consentir; ne lui dites cependant rien encore de ce qui s'est passé entre nous, je vous le conseille et vous y engage. Il me croirait dédommagé, et je veux qu'il me paie lui-même du sacrifice que je fais. Prévenez-le seulement de se prêter à tout ce que nous voudrons.

— Ah! je vous réponds de lui comme de moi-même sur qui vous pouvez compter en tout.