Les Hébreux forniquoient avec les démons sous la forme des chèvres[36]; ces démons mal appris usoient là d’une vilaine métamorphose.

Un fils couchoit avec sa mère et prêtoit main-forte à son père[37]: nous ne portons pas encore à ce degré l’amour filial. Un frère voyoit sans scrupule sa sœur dans la plus profonde intimité[38].

Un grand-père habitoit avec sa petite-fille[39]. Ce qui n’étoit pas très-anacréontique.

On couchoit avec sa tante[40], avec sa bru[41], avec sa belle-sœur[42], ce n’étoient là que peccadilles; enfin on jouissoit de sa propre fille[43].

Les hommes se polluoient devant la statue de Moloch[44], puis on trouva que cette semence inanimée n’étoit pas digne de la statue; on finit par lui offrir en sacrifice l’enfant tout venu.

Les hommes se servoient de femmes entr’eux[45] comme les pages du régent.

Ils usoient de toutes les bêtes[46] et le beau sexe se faisoit servir par les ânes, les mulets, etc.[47]. Ce qui étoit d’autant plus mal-honnête que l’on paroissoit avoir formé la tribu des prêtres de manière à intéresser les femmes mal pourvues. On ne recevoit point lévites les boiteux, les bossus, les chassieux, les lépreux; ceux qui avoient le nez trop petit, tors, etc., il falloit un beau nez[48].

On voit par cet échantillon ce qu’étoient les mœurs du peuple de Dieu; il est certain qu’on ne peut les comparer à nos manières. Mais il ne me paroît pas que d’après cette esquisse d’un parallèle, qu’on pourroit pousser beaucoup, plus loin, il y ait tant à se récrier sur ce qui se passe de nos jours.