Une loi de l’empereur Adrien, citée dans les Digestes Ad leg. Corn. de Sicariis (Lib. XLVIII, tit. VIII, leg. 4, § 5), punissait de mort les médecins qui faisaient des eunuques et ceux qui subissaient la castration; de plus on confisquait leurs biens.
Une ordonnance de Louis XIV, du 4 septembre 1677, condamnait à mort tous ceux qui avaient mutilé leurs membres.
L’article 316 du Code pénal prononce contre toute personne coupable de ce crime la peine des travaux forcés à perpétuité, et la peine capitale si la mort en est résultée avant l’expiration des quarante jours qui auront suivi le crime. L’article 325 ne déclare le crime de castration excusable que lorsqu’il a été immédiatement provoqué par un outrage violent à la pudeur.
Et malgré des défenses si positives et des punitions si sévèrement exprimées par des lois civiles et canoniques, nous voyons de nos jours une pareille monstruosité exister encore, et cela dans la ville par excellence, dans cette Rome, le centre de la chrétienté!!!
Voyez plutôt ces malheureux Italiens, pour qui le farniente est le premier des besoins, entraînés par la superstition ou une cupidité barbare, se livrer au fatal couteau qui doit les priver des précieux trésors de la vie, pour se donner un misérable filet de voix!...
Allez à la Chapelle Sixtine, aux deux grands jours de la Semaine Sainte, entendre ces admirables accords de voix choisies, cette sublime et céleste harmonie qui vous transporte, qui vous ravit, mais dont les sons divins cessent à l’instant de vibrer dans l’âme de tout être sensible qui les entend, et n’y laisse plus qu’une pénible impression, alors qu’on pense que ces voix si claires, si argentines, si mélodieuses, sont obtenues aux dépens de la postérité. Quel scandale odieux! il révolte la nature.
Mais la magie d’une belle voix est-elle donc si puissante et le chant possède-t-il une tout autre vertu que la simple prière? On le croirait, puisque les sons de la musique délicieuse qui, dans la Chapelle Sixtine, enchantent l’oreille de mille amateurs, après avoir cessé, continuent à vibrer encore dans leurs âmes, tandis que les prières et les plaintes que profère le prophète en récitant le sublime Miserere, ne les touchent nullement. Et voilà pourquoi sans doute, pour apaiser la Divinité, on chante toujours à l’Église et à l’Opéra.
SUR LE BÉHÉMAH
Mot hébreu qui signifie jumenta, quadrupedia et, par extension, bestialité.