C’était un drôle de corps que ce roi Salomon: Piron d’un autre temps, à l’harmonie près, qu’il ne possède pas, bel esprit érotique, il composa les cantiques, que les belles voix de ses mille femmes et concubines exécutaient sans doute pendant les orgies de ses splendides festins, où 50 bœufs et 100 moutons faisaient à eux seuls les pièces de résistance, et dont je vous détaillerais, lecteur, toutes les substantielles et stimulantes friandises, si je ne craignais de devenir fastidieux; mais je reviens à ses Cantiques, dont voici la fidèle traduction:

«Je chanterai mon bien-aimé, qui est pour moi une grappe de raisin de Chypre.» Cant., I, 13.

«Car le roi m’a déjà fait entrer dans ses celliers, et je suis ivre.» Cant., I, 3.

«Mon bien-aimé est pour moi comme un bouquet de myrrhe; il demeurera entre mes tétons.» Cant., I, 12. (On se sert ici du mot propre pour ne pas affaiblir la couleur du sujet dont Salomon était si plein.)

«Qu’il me donne un baiser de sa bouche.» Cant., I, 1.

«Fortifiez-moi avec des pommes odorantes, parce que je languis d’amour.» Cant., II, 5.

«Je me reposerai sous celui que j’ai désiré.» Cant., II, 3.

«Là je lui offrirai mes tétons.» Cant., VII, 12.

«Mon bien-aimé mit la main au trou, et mon ventre a tressailli de ses attouchements.» Cant., V, 4.