Et sur cette incantation les spirales montent, brumeuses ou tièdes, opalines ou azurées: tendres parfums printaniers; aigres relents automnaux dans le silence un peu hostile des vieilles demeures réveillées; touffeur des fours; bibliothèques aux senteurs vétustes. Et toute la litanie odorante des cheveux aux aromes amoureux, du vin conseiller d’ivresse et de l’encens persuasif de prière; de l’iris cher, aux linges légers; du santal dont le satin ligneux double et embaume les coffrets de l’Inde. A travers ces soupirs délicats transpire la nature tout entière: la terre détrempée, l’aire des moissons, l’air des salines. Et c’est une alternance de jeux forts et de jeux doux comme aux registres d’un orgue:
Torpeur claustrale éparse aux pages du missel,
Acre ferment du sol qui fume après l’ondée.
La fraîcheur des forêts, la chaleur des treilles, et jusqu’à cette fine odeur du thé dont la chanteuse spirale s’évague vers le plafond, expire dans les draperies. Ce bal des odeurs tournoie au cœur de la jeune fille, ce cœur ardent et plaintif dont la nature et l’hérédité ont fait
Un vase d’Orient où brûle une pastille.
L’invocation: A une statuette de Tanagra est pleine d’une saveur antique:
Tes deux bras étendus éloignent les offenses;
Dans la coupe fragile et sûre de ta main
J’ai mis mon cœur qui semble un vase aux belles anses
Répandant son parfum au fil de ton chemin.