N’oublions pas que, parlant de la Dame et de ses Soirées, d’Aurevilly lâche le mot blaguer et ajoute : « Tout du long de son livre, la Marquise ne fait que cette vilaine chose-là. »

Suite des « blagues » :

Deux armoires copiées sur des meubles de Madame de Maintenon, sauf en quelques variantes par moi désirées. — La seconde garde dans sa corniche les boutons de gilet du Maréchal et les chiffres de la Duchesse Arya-Eltha-Lucifera.

Ne manquez pas de reconnaître Adélaïde Louise d’Eckmühl, l’héroïne déguisée de la villa ; son noble père, avec ses boutons de gilet ; elle, avec ses boutons de jasmin.

Une table à dessin… J’ai peint là un manuscrit sur parchemin et beaucoup d’autres choses.

Elle peignait aussi.

Deux petites chaises (modèle étrusque) couvertes d’étoffe persane… et terminées, l’une par deux oies en bronze chinois servant de brûle-parfum, et posées sur les montants du dossier, l’autre, par une chimère et un personnage accroupi…

Un élégant flambeau en bronze chinois… représente un ibis, un prêtre ou une sorcière : don du Commandant de Coatpont.

Premier obus envoyé par l’armée de Versailles, sur le Palais des Beaux-Arts. Il a passé à quelques lignes au-dessus de ma tête, pour aller éclater dans mon appartement, le 25 mai 1871. — J’ai fait monter l’obus qui a rasé mon front, sur un petit bastion de pierre ; et on a peint, dans le creux, l’ancien Palais Mazarin.

Charmante statuette de bronze, œuvre de Monsieur Mouton… résumant une boutade de la Duchesse Eltha. L’homme à tête de porc, à cornes de taureau, à corps et à jambes d’autruche, à longue queue de renard et à mains de singe, sculpté par Monsieur Mouton est tout à fait amusant. D’un air mélancolique, ce jeune homme, fait d’un métal argenté, se tient debout sur un socle de porphyre rouge, gravé de cette légende : L’homme d’après la Marquise de Blocqueville. Exemplaire unique.

Boriko… avec ses paniers arabes, de Barye, je crois. C’est le portrait vivant des chers petits ânes qu’on rencontre, à chaque pas, en Afrique.

Portrait de la jolie Marquise du Luc… Pendant les combats de la Commune, une balle est venue piquer ce tableau, placé au-dessus du canapé où je m’étais réfugiée ; j’ai fait placer cette balle, avec une inscription, dans le bas du portrait.

Buste ancien[3], de grandeur héroïque… On le trouve plus beau que celui du Louvre.

[3] D’un Médicis.

Joli petit melon chinois, en faïence de plusieurs verts, acheté par moi dans le singulier village hollandais de Brooke, afin d’être très convaincue, si je le retrouvais en autre lieu, que, pour la seconde fois, ce n’était pas en rêve que j’avais visité ce pays joujou.

Voici maintenant la collection de cachets. Le Musée Saint-Saëns a la sienne, Auxerre ne pouvait faire moins.