Voici le dernier que j’aie fait faire. Sur le socle doré, d’un éléphant argenté, est gravé le refrain d’une vieille chanson française : « J’ai dans l’âme une fleur que nul n’a pu cueillir. »

Sauf votre respect, Madame la Marquise, la vieille chanson française n’est rien moins qu’une poésie de Victor Hugo, et des plus célèbres, dont le premier vers est celui-ci :

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine.

Celui que vous citez n’est pas exact. Il faut ne peut au lieu de n’a pu.

Champignon de bois sculpté, monté en argent et gravé, en souvenir d’une parole de l’Écriture, d’un élégant chameau et de Memento.

Cachet de cristal, à lien d’argent, gravé en arabe du nom de Louise.

Au Musée de Dieppe, nous avons le cachet avec le nom de Saint-Saëns, en caractères chinois.

Joli paon de cornaline… J’ai fait graver sur ce bijou la devise du cachet personnel et de jeunesse du pauvre Empereur Maximilien : Kallibiotik, mot de la vieille langue des Bohèmes, qui signifie : par tous les moyens honnêtes, rendre la vie agréable.

Ne vous semble-t-il pas entendre Coquelin Cadet, sous les espèces de Covielle déguisé, expliquer à Monsieur Jourdain les beautés de la langue orientale, « qui dit beaucoup de choses en peu de mots » et faire suivre de cacophoniques polysyllabes tels que, par exemple, Kakarakamouchen, d’interminables interprétations, telles que « votre cœur soit toujours comme un rosier fleuri » ou le souhait d’associer la prudence du lion à la force du serpent ?

M’est avis qu’un voyageur mauvais plaisant pourrait bien, avec son Kallibiotik, s’être payé la tête de l’aimable Marquise.

Petit sanglier doré, donné par une vieille amie de ma gouvernante.

Trois balles ramassées Tour Malakoff et montées en cachet. Ce souvenir guerrier m’a été offert, à Alger, par le Colonel Renou. Sur la plaque d’argent, j’ai fait graver mon oiseau favori, une cigogne.

Un pèlerin… Sur le pied j’ai fait graver, en mémoire d’une parole de Marguerite (?) un poisson volant et cette légende : nec, nec.

Grenouille trouvée, en Égypte, dans un tombeau, portant une scène bizarre profondément entaillée : un diable à trois cornes semble faire danser un crocodile. Roger de Sédières, petit-fils de ma tante de Beaumont, m’a rapporté, de la terre des Pharaons, ce souvenir que j’ai fait monter, en argent oxydé, de fleurs de lotus.

Grand cachet d’argent, autrefois commandé en Afrique, par le colonel Ernest de Cissey ; il célèbre la Comtesse Louise, avec la pompe Arabe.

Éventail énorme… commandé par Madame la Duchesse de Berry, et arrivé trop tard ; il fut acheté à Fossin et mis dans ma corbeille.