Encore la vilaine chose stigmatisée par d’Aurevilly. Et ci-dessous :

Écu d’argent… C’est dans cet écu que Louis XV, au jeu, passait ses billets à la Duchesse de Châteauroux.

Pile de sous renversés par le tremblement de terre de la Guadeloupe, et mis en fusion par le feu ; cadeau de mon cousin, le Vicomte Davoust.

Délicieux sabot pointu formant boîte… une chinoise lit sur le couvercle. Donné par la Vicomtesse de Janzé.

Petit coffret… que l’on croit avoir appartenu à la Reine Margot.

Encore la vilaine chose.

Deux énormes pendants d’oreilles. Je les ai fait monter par un sculpteur italien, Angelo Francia, Benvenuto Cellini au petit pied.

A la petite main serait plus juste.

Deux bracelets… je portais souvent ces bracelets d’une ornementation riche et sévère, et ils étaient toujours admirés.

Anneaux d’or… Ces larges bracelets rappellent les vieux bijoux grecs, autant que le you-you arabe, le jov-jov des anciens.

Broche… ce bijou m’a été donné, le 17 mai 1864, à Rome, par la Princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein, qui avait bien voulu me servir de marraine pour la confirmation. Je n’avais jamais été confirmée, etc…

Plume de corail… elle me fut envoyée par la Princesse Carolyne, avec les lignes suivantes : « Cette plume n’est qu’un joujou, mais elle vous revient comme symbole de la vôtre ; comme celle-ci, elle a trempé dans des vagues agitées et amères, dans des profondeurs où le vulgaire n’atteint pas et où se trouvent les perles précieuses, les naïades fantasques et tout un monde enchanté. »

Cassolette… Émeraude sur le couvercle de cette gracieuse petite marmite d’or.

Collier… La pièce vraiment curieuse du collier est un petit sequin d’or, qui ornait les cheveux de Lady Esther Stanhope, lors de sa mort, et qui m’a été rapporté d’Orient. Suspendu et mobile au centre d’un cercle d’or, bombé, doublé et bordé d’une légère corde, il porte écrit en lettres fantômes, d’un côté : A Esther Stanhope, je fus ! de l’autre : à Louise d’Eckmühl, je suis !

Petite épingle d’or… bijou favori fait par un véritable artiste, Riballier, tué en cherchant un secret chimique pour blanchir les diamants du Cap.

Broche… Ce bijou est attribué à Benvenuto Cellini.

Encore la vilaine chose.

Deux croissants… Ces boucles d’oreilles données par la Comtesse de Gervillier, me plaisaient beaucoup et ont fait avec moi tout le voyage d’Italie, en 1878.

La Comtesse de Chaponay m’ayant donné deux petites lanternes pendants d’oreilles, j’ai pensé que, si Diogène s’était contenté d’une lanterne pour chercher un homme, il en faudrait bien deux pour observer les âmes… et encore ! J’ai donc fait enchâsser les gentils bijoux dans un vrai conte de fée délicatement ciselé.

Pendants d’oreilles… Des deux boutons pend une corde souple, à laquelle est attachée une petite sonnette d’or, chargée de mots grecs et destinée à chasser le mauvais sort par son Drinn-Drinn. — Le modèle de cette clochette a été trouvé au pied d’une statue dont j’ai la photographie.

Nous terminerons l’inventaire de cette collection de boucles d’oreilles par la description d’un roseau long comme une petite main et ayant la forme d’un bâton, que les indigènes de certaines parties du Brésil se passent dans l’oreille. Ils nous semblent pouvoir lutter, du moins pour la longueur de cet appendice, avec nos chers et patients et très calomniés baudets d’Europe.

Bague étrange en or vierge curieusement travaillé et enroulé par un artiste nègre. Amand de Trobriand, ayant été envoyé en mission à Guinchabo, près du roi noir d’Attla, celui-ci lui donna ce bijou. Lors de nos désastres, le bon Amatifou envoya, en 1871, vingt mille francs pour le rachat de la France, son alliée. Bien des rois blancs n’ont point agi aussi généreusement que le noir Samaritain, dont je respecte l’anneau, cadeau du petit-fils de mon vieil ami.

Bague des fiancés du Liban. Elle est composée de petites perles enfilées et de petits sequins d’or qui pleuvent coquettement sur le doigt.

Bague en prisme d’émeraude…

Chère Madame, on dit : prime !… Ce bijou vous a été donné pour votre confirmation ? Alors, vous méritiez la petite calotte !

Bague d’or… Elle raconte mystiquement un rêve peint par Mademoiselle Roberts.

Bague à étoile de diamants sur améthyste, plusieurs fois transformée avant de s’envelopper de lilas.

Gros et long serpent d’or vert… C’est là vraiment une œuvre d’art qui mérite d’être mise à l’abri d’un jeune caprice ou d’un héritier inintelligent.