De tout cela, elle se gargarise. Alors, elle divague, parle de son « soir de triomphe », de son « suprême jour de beauté ». Et elle ajoute :
Les événements me conseillent la hâte. Inconséquence de l’esprit. Je crois à une fin prochaine de notre terre, et je tiens à m’y ancrer. Je voudrais laisser une trace poétique[5].
[5] Goncourt disait : « Si j’avais su que le monde ne devait durer que tant de milliards d’années, je n’aurais pas écrit. »
C’est fait. Elle continue :
J’ai eu parfois, l’instinct que j’étais le résumé vivant de toutes les aspirations et de toutes les douleurs de mon siècle.
Excusez du peu !
C’est alors qu’elle se croit permis de faire la difficile :
Vraiment la race humaine est prête à grossir le succès, comme les badauds grossissent les foules. — Une trentaine de personnes refusées.
Des lettres et des cartes à en élever un bastion.
Et elle ne fait exception que pour le Duc de Brancas, parce que, dit-elle, « il a jadis dansé avec moi ! »
Le plus curieux de tout cela c’est, qu’à d’autres moments que ces minutes de vanité sincère, dont elle nous a fait l’aveu, elle poursuit, dans les autres, ce péché mignon qu’elle cultive, pour elle, avec tant de passion.