C’est le grand mérite de la Comtesse Greffulhe, d’avoir su comprendre cette loi, et c’est l’hommage que j’ai tenu à honneur de lui rendre, sur ce point, au cours du passage que je lui ai consacré dans mon Éloge de Gustave Moreau :

« Certes ! il y a quelque chose de divin, dans le fait de retrouver une main, que pourraient distraire des futilités, sans cesse occupée à exalter de nobles causes d’art ; et cela, sans y mêler rien de pédant, sans y ajouter des productions personnelles, qui en excluraient le désintéressement ; en un mot, sans rien perdre de sa grâce. »

Une autre Grande Dame, la Duchesse de Rohan, parut, un instant, aussi, se complaire dans l’art désintéressé d’accueillir les Maîtres, de les exalter et semblait devoir y exceller.

Je ne sais ce qui l’en a détournée ; une simple distraction, je veux l’espérer, et qui ne se prolongera pas, je veux le croire.

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Un mien ami qui se fait un malin plaisir de me mystifier, m’apporte, parfois, de soi-disant vers de poétesses à la mode. Je le soupçonne de les fabriquer à mon usage, ces vers ; mais comme il réussit à m’égayer, je n’approfondis pas, et me laisse bercer par cette Érato incohérente. Voilà sa dernière cueillette, dont je lui laisse la responsabilité :

J’aime à me promener sur les bords de la Seine,

Sur la berge fleurie ou sur le Cours-la-Reine…

Ceci, mon ami le chante sur un air de Café-Concert, avec lequel le distique s’accorde, à vrai dire, assez bien.

Mais ce n’est qu’une entrée de jeu. Voici maintenant une veillée mortuaire, dans une maison de paysans.