Mais la Poésie a de ces audaces. J’ai gardé pour la fin celle qui me paraît, entre toutes, mériter ce titre.

L’étoile, dans la nuit, guide l’homme, vers l’anse…

fait un vers devenu célèbre, emprunté aux « fugitives » d’une grande Dame dont, entre nous, j’ignore le nom, que je préfère ne pas savoir. L’Œuvre suffit.

J’entends dire que Sem projette d’illustrer cet étonnant alexandrin. Voici comment il interprète la scène : un décor de profondes ténèbres, parmi lesquelles, bras étendus, s’avance, en tâtonnant, un personnage dans le simple appareil dit pan de chemise. Au-dessus, une étoile à cinq branches, l’étoile en papier d’argent des Rois Mages, décoche un rayon sur l’huis entr’ouvert d’une table nocturne, laquelle laisse s’arrondir hors d’elle-même, pourvue d’un éclat blanc par l’astre démonstratif, l’oreille du vaisseau ardemment évoqué par la confidence du pèlerin noctambule. (Ouf !)

Et, pour plus de sécurité en même temps que d’autorité, le quatrain est dédié à un ministre plénipotentiaire. J’ai nommé Monsieur Paléologue.

Est-ce en mémoire de ces citations, qu’un autre de nos amis (celui-là « un tout petit peu méchant » comme disait, de lui, une auteuresse) avait terminé, par cet hexamètre, le portrait d’une poétesse un peu trop pressée d’arriver :

« Et son désir d’écrire est un petit besoin » ?

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La cause de ces désorientations, sinon de ces désordres[10], réside et se résume tout entière dans ce distique cité par Rivarol :

Le charme de leurs vers sublimes et parfaits