« Pondez, pondez, poules de Pâques
Et pondez-nous de jolis œufs !
Au bazar de la Tour Saint-Jacques[12]
On les vendra dix sous pour deux… »
s’est mise, dis-je, à pondre (et, cela, dans la propre chaire — horresco referens — dans la personnelle cathèdre de Madame Bulteau, qui doit la trouver mauvaise,) — de gros morceaux de prose hirsute et de pathos pontifiant. Plus rien du crû de l’Oust, ni du clos du Deffé. On dirait du Bouchaud débouché, démarqué, tarabiscoté, même vacarescoté, ce qui est pire. On ne m’ôtera pas de l’idée que cette Mademoiselle Cormon de la Littérature, a dû promener ses tropes sur l’écritoire de la Philaminthe Celte. Vrai, c’est aussi rasoir que ça !
[12] Charmant euphémisme pour dire « Bazar de l’Hôtel de Ville », sans être accusé de faire la réclame au profit d’une maison ; seulement voilà, cela crée des passe-droits. La dame va brouiller les monuments. Par bonheur, elle ne saurait manquer d’écrire quelque chose sur Séville, avant qu’il soit longtemps. Alors, selon toute vraisemblance, l’Hôtel de Ville reprendra ses droits. Mais peut-être, les prix auront augmenté.
Et, de bout en bout, plus le moindre petit mot pour rire (si ce n’est en bloc). La bonne Dame, qui n’avait jamais lu que Botrel, vous cite Homère, gros comme le bras de Madame de Montgomery. Est-elle donc allée à l’école chez Monsieur du Bled ? — Quoi qu’il en soit, adieu tout l’arriéré de bonne franquette prosodique ! On se prend à le regretter, en face de cette pédagogie mal assimilée et de ce pédantisme cousu de fil blanc, qui semblent prétendre à « river des clous » si ce n’est à « boucher des coins » (sans le moins du monde y réussir) et qui ne décrochent que cette timbale, laquelle est à la portée de toutes les principautés, et qui est d’émerveiller Monsieur Sarlovèze.
Et pourtant si ! le petit mot pour rire, je l’ai repêché dans ce solennel fatras ; c’est quand la narratrice (qui, j’aime à le conclure, ne se prend pas trop au sérieux) se voit, sur je ne sais plus quelle frontière, contester sa personnalité ducale (voilà ce que c’est que de patoiser !) par une douanière qui se représentait sans doute autrement les tempes ceintes de couronnes fermées.
« Oh ! que ce quoi qu’on die est, pour moi, plein de charmes !
Oui, quoi qu’on die, je la retrouve là, notre aimable hôtesse d’avant la fatale crue des grandes encres ; dépouillée de toutes ces bandelettes roumaines qui ne sont que des bandeaux de Colin-Maillard, reprise aux enchantements d’Alcanter de Brahm, elle m’apparaît prête à repiger le droit d’aînesse de sa vieille gaîté, échappée, par miracle et grâces à Dieu, d’entre les féculents de Madame de Baye.