« Cette personne péremptoire souffrait âprement du doute de soi. — Certaines gens paraissent l’ignorer. Ils devraient alors ne se plaindre de rien. Ils n’ont pas goûté la plus pénétrante des amertumes. »

Mieux encore, lisez tout le premier de ces deux articles, il est sincère, pathétique et poignant comme tout ce qui décrit ce que l’on connaît bien. Nous aussi, nous avions « compris ».

Le deuxième n’est qu’une seconde mouture, moins âpre, plus anodine, celle-là inspirée agréablement par un joli ouvrage de notre précieux ami Émile Berr, entre tous, fait pour inspirer des commentaires agréables en restant sincères. Et cependant, cette variation moins farouche contient encore cette phrase révélatrice : « Le doute de soi habite jusqu’aux âmes orgueilleuses, et celles-là, peut-être, sont ses proies les mieux asservies. »

Et ailleurs, sur un troisième point, ce retour au leitmotiv « térébrant » comme dirait la Dame : « Notre ridicule n’est presque jamais candide et complètement désintéressé. Il résulte de prétentions énormes dont le doute de soi surexcite l’audace et hausse le ton. »

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On s’explique un peu davantage l’extrême prolificité de Madame Bulteau, quand on a démonté son procédé. Cela se fait aisément. Elle-même le livre, dans l’avant-propos de son Angleterre et, tout le temps, elle y revient.

« J’ai retrouvé l’enseignement au bout de l’anecdote, la loi extraite directement du fait voisin, le conseil de reconstruire à chaque minute d’après un meilleur plan, et aussi l’habitude de considérer les incidents de la Vie matérielle comme des signes et des symboles qui font allusion à la vie morale et y ramènent, par tous les chemins. »

Non seulement c’est le procédé, mais c’est le programme. Il est assez évangélique pour nous laisser surpris d’entendre un lecteur proclamer qu’il préfère Monsieur le Curé. Qu’est-ce que le brave ensoutané pourrait dire de plus orthodoxe ?

Suite du procédé.

« Mon goût de chercher des lois et des leçons dans les faits les plus minces est tenté par ce petit problème ».