Je ne crois pas[21] pourtant qu’il y ait lieu de l’attribuer à l’Euphuisme proprement dit, et d’établir une parenté entre l’auteur de l’Après-midi d’un faune, et Euphues, le héros de John Lillie, pas plus qu’avec Piercy Schafton, portrait de ce dernier par Walter Scott. Amado, sa caricature Shakespearienne, n’offre en ses concetti, d’autre ressemblance avec Mallarmé que de faire dire de lui par les pédants et par les princes, comme de ce Seigneur : « Il est trop précieux, trop orné, trop affecté, trop bizarre pour ainsi dire… le fil de sa verbosité est plus fin que les termes de son raisonnement. J’abhorre ces raffinés fanatiques… Quelle est la plume de paon qui a rédigé cette lettre, quelle est la girouette, quel est le coq de clocher qui en est l’auteur ? Avez-vous jamais entendu quelque chose de plus drôle ?… Cet homme sert-il Dieu ?… Il ne parle pas comme une créature de Dieu. » — Lecteurs malévoles qui ne manqueraient pas aujourd’hui d’appliquer à Mallarmé l’apostrophe d’Hugo : « Prends garde à Marchangy !… »

« Tu crois être Ariel, et tu n’es que Vestris ! »

[21] Je suis même persuadé du contraire.


Abordons à notre tour le sphinx. Ses premiers mots sont intelligibles : en voici des plus gracieux :

« Imiter le Chinois au cœur limpide et fin,

De qui l’extase pure est de peindre la fin,

Sur ses tasses de neige à la lune ravie,

D’une bizarre fleur qui parfume sa vie

Transparente, la fleur qu’il a sentie enfant,