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Il n'est pas rare d'entendre mettre en balance la valeur morale de l'un et de l'autre sexe; ma foi! je crois à l'égalité; peut-être, avec un supplément de générosité pour la femme, quelquefois (surtout dans le peuple); mais aussi, avec une supériorité de rouerie.

Exemple: Dalila et Ariane sont deux bonnes amies, les deux meilleures amies du monde. La seconde se plaint à la première: son mari la délaisse, elle ne sait pour qui. L'autre rassure: «il vous reviendra…» continue de répondre à l'épouse désolée, la confidente dévouée. Mais elle n'en poursuit pas moins son intrigue avec le mari, qu'elle finit par chiper à la trop confiante Ariane.

Cette forme de perfidie est tout de même d'un tour coquet, dont le sexe fort serait incapable.

Maintenant, il y a une représaille. Dalila élève une nièce, qu'elle surveille jalousement. La jeune personne, cela va de soi, fréquente les amis de sa tante. Elle file avec le meilleur, et télégraphie à sa parente désolée: «nous nous aimons, nous sommes heureux.»

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Certains courriéristes se croient permis d'écrire: «cette peste de Saint-Simon, comme s'il s'agissait de «Petite Peste», pièce à succès, dans un théâtre des Boulevards.

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Un de nos amis, fondateur d'une élégante société d'art, avait sollicité, de la duchesse de Chiche, l'honneur de l'inscrire parmi les membres de ce groupe restreint, mais choisi. Au bout d'une année, la Grande Dame écrivit pour dire qu'elle retirait sa cotisation, mais qu'elle voulait bien laisser son nom, si ça faisait plaisir. L'artiste répondit que ses moyens ne lui permettaient pas d'accepter les plaisirs chers. Évidemment cet homme jouait de malheur. Déjà une dame qui lui avait dit: «je vous donnerai mon talent» se trouvait ne pas en avoir; et voilà que celle, qui lui tendait son nom tout sec, se trouvait lui en offrir un qui n'était pas Tibidabo.

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