Dans les notes secrètes qui font partie de la Correspondance administrative de Louis XIV (Depping, t. 2, p. 54), on le désigne sous le titre de président de la quatrième chambre des enquêtes, et on dit de lui: «Esprit actif, inquiet, entreprenant, fougueux, vindicatif, devoué aux intérêts de M. le Prince; s'est veu l'un des chefs de la Fronde, et avec grand crédit dans le Parlement, que le dépit d'avoir esté exclu de la charge de chancelier de la reine a emporté dans l'espérance qu'il avoit de parvenir aux premières charges de l'Estat, et donnant tout à sa haute ambition; s'explique bien, a de la fermeté dans ses résolutions et de grands biens que Lambert, de l'espargne, luy a laissez ou procurez à charge, donnant selon l'intérest du party où il s'est engagé; n'a point d'enfans de sa femme, qui est une Vallée; beau-frère de M. du Boulay-Favin, parent à cause d'elle de M. de Bouteville et de madame de Chastillon, avec lesquels il a estroite liaison.»

«Il semble qu'il passoit trop avant», dit Omer Talon (Coll. Michaud, p. 274, 275); «il avoit esté toute sa vie (Retz, p. 69) un homme de plaisir et de nulle application à son mestier.» Retz, qui lui met cela sur le dos, ajoute qu'il avoit naturellement une grande timidité. En effet ces jeteurs de hauts cris ne sont pas toujours intrépides.

Viole fut l'un des conseillers de Mademoiselle; il joua un rôle actif lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine (Montp., t. 2, p. 267).

Dans les conditions proposées en 1651 pour la paix par Gourville (V. La Rochefoucauld, p. 477), on voit à son nom: «Permission de traiter d'une charge de président à mortier ou de secrétaire d'État, parole que ce sera la première, et une somme d'argent dès l'heure pour lui en faciliter la récompense.»

Ce qui ne fut pas accordé. Il dut aller en Hollande l'année suivante (Lenet, p. 613). Il revint bientôt; mais en 1654 il est sacrifié tout à fait. Voyez (Bibl. nat., Catalogue hist., t. 2, nº 3208) l'«arrêt de la cour du Parlement rendu toutes les chambres assemblées, le roi séant et président en icelle, contre les sieurs Viole, Le Net, le marquis de Persan, Marsin et autres adhérents du prince de Condé». (27 mars 1654.)

Les Espagnols lui payèrent la valeur de ses charges perdues (Montglat, p. 343; 1659).

[105] Je demande la permission de ne pas faire le portrait en pied de Louis XIV. L'histoire d'aucun roi n'est aussi longue, aussi intéressante, aussi littéraire, aussi variée; mais, bien que cette histoire ne soit pas encore écrite, on ne s'étonnera pas si je ne l'attaque point. Quelques petites touches suffisent pour ce que ce volume réclame. D'abord, Louis XIV, c'est le type du roi. Voyez-le à son baptême; il a cinq ans tout au plus (Montglat, p. 136):

«On le mena, au sortir de la chapelle, dans la chambre du roi, qui lui demanda comme il avoit nom. Il répondit: «Louis XIV.» Sur quoi le roi répliqua: «Pas encore! pas encore!»

En amour, il a commencé par n'être qu'un homme. Plus tard, ç'a été le roi et le roi absolu. D'abord, il a soupiré; comme un autre, il a été galant, tendre, passionné, mélancolique; il a rimé pour les belles, ou il s'est fait faire des chansons en leur honneur. Certainement il a aimé mademoiselle Mancini et La Vallière. C'est Joseph de Maistre qui a dit (Lettres, t. 1, p. 73, 2e édition): «La maîtresse d'un roi marié est une coquine comme celle d'un laquais.» Peut-être a-t-il raison en bonne morale; mais, ô rigoriste! mademoiselle de La Vallière ne sera jamais une coquine.

On auroit quelque peine à dresser complète la liste de toutes les personnes que Louis XIV a recherchées.