En effet elle devint laide.

Dans la mazarinade de: La Vérité des proverbes de tous les grands de la cour, on lui fait dire: «Il n'y a si belle rose qui ne devienne gratte-cul.»

Mais son esprit lui resta; c'est cet esprit que Louis XIV aimoit. Il paroît que lui-même (Choisy, p. 673) fit pour elle une chanson:

Vous avez, belle Brégis...

On a une lettre qu'il lui écrivit lorsqu'elle désira se séparer de son mari (Œuvres de Louis XIV, t. 5, p. 19):

«À la comtesse de Brégi.
«À Fontainebleau, le 4 juin 1661.

«Quand on sçait demander les choses d'aussi bonne grâce que vous faites, et même des choses raisonnables, on n'importune jamais. Il ne tiendra pas à moi que votre procès (contre M. de Brégy) ne finisse. Je m'en expliquerai dans les termes que vous pouvez souhaiter; mais souvenez-vous, une fois pour toutes, que votre respect m'offenseroit si, dans les occasions, vous ne recouriez à moi avec la confiance que mérite l'estime que j'ai pour vous.»

Cette séparation fut une grande affaire, qui occupa long-temps Colbert et Louis XIV (V. leurs lettres).

Mazarin, dit-on, l'avoit aimée: «Le cardinal étoit amoureux d'une dame qui étoit chez la reine. Je l'ai connue, elle logeoit au Palais-Royal, et on la nommoit madame de Brégy. Elle étoit très belle, et beaucoup de gens ont été amoureux d'elle; mais c'étoit une honnête femme; elle a servi fidèlement la reine et a fait que le cardinal a mieux vécu avec la reine qu'auparavant. Elle avoit beaucoup d'esprit.» (Madame, 1 décembre 1717.)

Madame de «Brégy, étant belle femme, faisoit profession, de l'être, et même avoit l'audace de prétendre que ce grand ministre avoit pour elle quelque sentiment de tendresse.» (1647; Mottev., t. 2, p. 221.)