[81] «Le péché, en tant qu'il blesse la raison, est appelé philosophique; et, en tant qu'il offense Dieu, il est appelé théologique.» Un grand débat eut lieu dans le clergé à l'occasion de ce péché philosophique; il eut pour origine une thèse qu'un jésuite nommé Meunier, professeur au collége de Dijon, avoit fait soutenir en 1686, thèse conçue en ces termes: «Le péché philosophique, commis sans aucune connoissance de Dieu et sans aucune attention à lui, n'est point une offense à Dieu ni un péché mortel.»—La Société le désavoua; mais, en 1689, M. Arnaud la dénonça au pape, aux évêques, aux princes et aux magistrats comme une nouvelle hérésie; les poètes en firent des chansons, dont quelques-unes fort jolies, dit l'abbé Le Gendre, sur l'air du Noël: Or, dites-nous, Marie. Les enfants, les femmes, les laquais apprirent par cœur ces vaudevilles; on les fit chanter dans les rues. (Mém. de l'abbé Le Gendre, pp. 123-125.)
[82] Le Roi, ayant en quelque sorte codifié, par l'édit de révocation de l'édit de Nantes, tous les autres édits antérieurement portés par lui et qui, d'année en année, rendoient plus difficile en France l'exercice de la religion protestante, compléta son œuvre en envoyant, particulièrement dans les Cévennes, des missionnaires dont les prédications étoient soutenues par des dragons: «Nous envoyions dix, douze ou quinze dragons dans une maison qui y faisoient grosse chère jusqu'à ce que tous ceux de la maison se fussent convertis. Cette maison s'étant faite catholique, on alloit loger dans une autre, et partout c'étoit nouvelle aubaine.» (Mém. de Vordac, cités dans le Bulletin du protestantisme françois, 2e année, 1854, p. 203.—Ibid., passim.)
[83] L'hérésie détruite: deux médailles furent frappées à cette occasion; dans la première, la Religion couronne le Roi; l'inscription porte: Ob vicies centena millia calvinianæ ecclesiæ revocata, 1685; dans la seconde, la Religion foule aux pieds l'Hérésie. L'inscription porte: Hæresis exstincta; edictum octobris 1685.
[84] La maison de Saint-Cyr fut fondée en 1686. Voyez p. 152, note [71].
[85] Les Aphorismes d'Hippocrate ne disent rien de semblable; mais l'école de Salerne dit:
Si vis incolumem, si vis te reddere sanum,
Curas tolle graves.....
[86] Le Roi avoit alors cinquante-sept ans.
[87] L'école de Salerne a, dit-on, formulé ce précepte; mais nous l'avons vainement cherché dans son Régime de santé.
[88] Il est à remarquer précisément que, excepté Mme de Montespan, toutes les maîtresses du Roi eurent cet air «précieux et languissant.»
[89] «Chirurgica tota continui divisione, divisi unione et extractione alieni comprehenditur.» La chirurgie étoit donc un métier tout manuel, et, dans le serment que les chirurgiens prêtoient, ils s'engageoient à ordonner seulement «quæ spectant ad operationem chirurgiæ.» S'ils pratiquoient à Paris ou dans les faubourgs, ils ne pouvoient le faire qu'avec un médecin, maître ou licencié dans l'Université de Paris, ou approuvé par la Faculté. (Decreta, ritus... saluberrimi medicorum parisiensium ordinis consuetudines.—Parisiis, Quillau, 1714, in-12, pp. 30 et 107.)