[90] La veine céphalique «est celle qu'on a coustume d'ouvrir pour les douleurs de teste, d'où son nom, du grec kephali, tête.—La veine basilique, ou hépatique, est une veine qui naît du rameau axillaire, va au milieu du pli du coude où elle se divise en deux rameaux.» (Furetière.)
[91] Vos peuples meurent de faim.—«Si, en 1688, on se plaignoit que les paysans n'avoient point de lits pour se coucher, aujourd'hui plusieurs manquent de paille (1707).»—Mém. de Boulainvilliers, II, 152.—«On ne sçauroit compter combien il meurt de pauvres paysans à la porte des plus riches bénéficiers, sans secours spirituel ou temporel, faute d'un peu de nourriture ou du plus simple remède.» (Ibid., p. 126.)—«Le règne de Louis XIV,—despotique, bursal, très-long et par conséquent odieux,—a détruit l'abondance en tirant des sujets au-delà de leurs forces et en détruisant la consommation intérieure... il a pareillement détruit la confiance en découvrant un fonds de mauvaise intention et d'artifice dans les ministres, digne d'une éternelle exécration.» (Ibid., pp. 1, 8-9.)—«Les fortunes subites des financiers ont excité plusieurs marchands à quitter le commerce,... et une infinité d'autres à quitter l'agriculture... De là vient que tant de fabricants et de laboureurs ou fermiers ont été ruinés, que les terres sont incultes ou mal façonnées, et que les banqueroutes sont si fréquentes.» (Ibid., p. 16-17.)—Les extraits qui précèdent nous dispensent de citer les passages si connus où La Bruyère, Vauban, etc., dépeignent la misère du peuple.—Cf. Vie de Mme de Miramion, pp. 320 et sq.
[92] Dans ses Mémoires, Louis XIV, parlant des souverains, dit que «le Ciel les a faits dépositaires de la fortune publique.» (Édition Dreyss, I, p. 177);—il ajoute (t. II, p. 230) que «les Rois sont nés pour posséder tout et commander à tout.»
[93] La France soutenoit alors trois guerres, en Hollande, en Savoie et dans le Palatinat,—sans parler de ses guerres navales dans la Méditerranée, sur les côtes de France et dans les colonies.—Nous avons donné plus haut (p. 157, note [80]) un aperçu des frais énormes de ces guerres.
[94] Un mémoire de Marinier, commis des bâtiments du Roi, sous Colbert, Louvois et Mansart, et reproduit en appendice dans les Mém. de Saint-Simon (Édition Hachette), nous donne l'état des dépenses faites par Louis XIV à Versailles, Saint-Germain, Marly, etc.—De 1679 à 1690 les dépenses pour Marly seul s'élevèrent à la somme totale de 4,501,279 liv. 12 s. 3 d., somme qu'il faut au moins quadrupler pour en avoir la valeur en monnoie actuelle.—A cette somme, il faut ajouter les frais d'une cascade en forme de rivière qui tomboit du haut de l'allée derrière le château: on estime, dit Marinier, qu'elle passe cent mille écus.
[95] La liste serait longue de toutes les mesures prises pour augmenter les ressources du Trésor. Nous citerons les principales qui furent arrêtées dans les cinq dernières années, de 1690 à 1695.
1690.—3 Janvier.—Déclaration du Roi: «... Pour mettre tout d'un coup dans le commerce une grande quantité de matières d'or et d'argent et la faire convertir en espèces à nos coins et armes, nous avons fait porter aux hostels de nos monnoyes une grande partie des ouvrages d'orfévrerie qui servoient d'ornements à nos palais (malheureusement, d'après l'abbé Le Gendre, ces ouvrages étoient dus au célèbre orfèvre Claude Ballin, dont on trouve la vie et le portrait dans les Hommes illustres de Perrault); et, après avoir donné cet exemple à nos sujets, nous avons, par notre déclaration du 14e du mois de décembre dernier, deffendu à l'avenir la fabrication de toute sorte d'ouvrages d'argenterie de pur ornement, et nous avons ordonné que ceux de nos sujets qui auroient de ces ouvrages deffendus les porteroient aux hostels de nos monnoyes..., sans aucun profit pour nous, puisque nous leur faisons payer la matière desdits ouvrages d'argenterie deffendus à 35 sols du marc de plus qu'elle n'est évaluée par les tarifs arrestez en nos cours des monnoyes. Nostre prévoyance et nos soins ont eu tant de succez que nous avons eu la satisfaction de voir que, depuis la publication de cette déclaration, nos sujets y obéissent avec tant de zèle et d'empressement qu'ils portent aux hostels de nos monnoyes, non-seulement les ouvrages d'argenterie deffendus, mais encore beaucoup de vaisselle plate (plata, esp., argent) dont l'usage leur étoit permis...»
1690.—8 Février.—Lettre du Roy à Mgr l'Archevêque de Paris: «Mon cousin,... comme j'ay esté informé qu'il y a beaucoup d'argenterie dans les Eglises au-delà de celle qui est nécessaire pour la décence du service divin, dont la valeur estant remise dans le commerce apporteroit un grand avantage à mes sujets, je vous fais cette lettre pour vous exhorter à examiner ce qu'il y a d'argenterie dans chaque église de votre diocèse..., vous asseurant que vous ferez chose qui me sera fort agréable et fort utile au bien de mon Etat, d'ordonner qu'elle soit portée dans mes monnoyes pour estre converties en espèces d'or et d'argent, la valeur en estre payée comptant sur le pied porté dans ma déclaration du 14 décembre dernier...»—Semblable lettre dut être envoyée à tous les Evêques de France.
1690.—16 Février.—Lettre de l'Archevêque de Paris au Clergé tant régulier que séculier de son diocèse, pour l'inviter à se conformer aux ordres contenus dans la lettre royale du 8 février.
1690.—Février.—Edit du Roi portant création en titre d'office d'un premier président et de huit présidents au Grand Conseil, qui payeront «en nos revenus casuels la somme à laquelle sera taxée chaque charge...»