[133] C'est ainsi que Citois, médecin de Richelieu, lui ordonnoit parfois de prendre deux ou trois drachmes de Bois-Robert: Recipe Bois-Robert.

[134] Erizzo, ambassadeur de Venise, étoit reçu en audience le mardi, comme tous les ministres étrangers. Le 15 octobre 1695, la Gazette de France, d'accord avec Dangeau, rapporte que le Roi lui accorda le 5 du même mois une faveur sans précédent: il donna une audience à sa femme: «le Roi étoit debout auprès de sa table, dit Dangeau, et, dès qu'il vit l'ambassadrice, il avança deux ou trois pas à elle et la baisa; et après quelques compliments qu'ils se firent, toujours debout, l'ambassadrice se retira.» Saint-Simon, dans ses notes sur Dangeau, donne les règles d'étiquette ordinairement suivies dans des occasions analogues.

Quatre jours après, le dimanche 9 octobre «le Roi tint sur les fonts de baptême la fille du sieur Erizzo. Sa Majesté la nomma Louise, Madame fut la marraine, et la cérémonie fut faite dans la chapelle du château par le cardinal de Bouillon, grand aumônier de France. Le Roi et la Reine d'Angleterre y assistèrent.» (Gazette de France.)

Erizzo ne se montra pas reconnoissant de ces faveurs répétées. Le jeudi 13 avril 1700, il arriva, dit Dangeau, un courrier de Rome envoyé par le cardinal d'Estrées, notre ambassadeur, pour rendre compte de ses démêlés avec Erizzo, qui continuoit à Rome contre lui les démêlés commencés en France; il avoit même fait un écrit très-offensant contre le cardinal d'Estrées dont le Roi approuvoit la conduite (Dangeau).

[135] «Mercredi, 27 juillet 1695.—On a eu nouvelle que les Vénitiens dans la Morée ont repoussé les Turcs...; l'ambassadeur en doit venir donner part au Roi mardi prochain.—Lundi 19 septembre: Il court un bruit que les Vénitiens ont gagné un grand combat naval contre les Turcs dans les mers de Chio, qu'ils ont fait 6,000 prisonniers et entre autres l'amiral Turc: les nouvelles de ce pays-là méritent confirmation.» (Dangeau).—Dangeau ne dit rien des sentiments du Roi sur ce sujet; la Gazette raconte les faits avec une indifférence marquée; il semble cependant qu'on peut lui reconnoître quelque partialité en faveur des Turcs.

[136] Voyez page 138, note [60].

[137] La duchesse de Chartres, Mme la duchesse (de Bourbon-Condé), et la princesse de Conti ajoutoient à leur nom légitimée de France. La princesse seule conserva cette addition, que les autres supprimèrent pour signer comme les princesses du sang. Elle ne perdoit point une occasion de faire sentir aux deux autres princesses qu'elle seule avoit une mère connue et nommée. (Mémoires de Saint-Simon, 1696.)—Elle assista à la mort de Mme de La Valière, et obtint du Roi la permission d'en porter le deuil.

[138] Portant l'aigrette des chevaliers du pays de Cornouailles.

[139] Entre deux toiles, comme les braconniers qui font usage du drap de mort.—Entre deux draps.

[140] La Gazette de France du 4 juin 1695 dit: «Le 29 du mois dernier, le sieur Pierre Mignard, premier peintre du Roi, fameux par beaucoup d'excellents ouvrages, mourut en cette ville (Paris), âgé de 84 ans.»—Dangeau: «Dimanche, 29 mai: le bonhomme Mignard mourut à Paris; il avoit 84 ans; il étoit premier peintre du Roi, charge qui vaut 12,000 francs et des logements; les ouvrages qu'il faisoit présentement étoient les plus beaux qu'il eut faits de sa vie.»—La charge de premier peintre fut supprimée par Louis XIV; mais à sa mort, le Régent la rétablit en faveur de Coypel, honoré précédemment du titre de premier peintre de Monsieur.