Parlons maintenant de ceux qui, partant soit d’Europe, soit des côtes occidentales de l’Amérique méridionale, soit des Indes orientales, ont fait des découvertes dans la mer du Sud, sans avoir fait le tour du monde.
Il paraît que c’est un Français, Paulmier de Gonneville, qui a fait les premières en 1503 et 1504; on ignore où sont situées les terres auxquelles il a abordé, et dont il a ramené un habitant, que le gouvernement n’a point renvoyé dans sa patrie, mais auquel Gonneville, se croyant alors personnellement engagé envers lui, a fait épouser son héritière.
Alfonse de Salazar, Espagnol, découvrit en 1525 l’île Saint-Barthélemy, à quatorze degrés de latitude nord, et environ cent cinquante-huit degrés de longitude à l’est de Paris.
Alvar de Saavedra, parti d’un port du Mexique en 1526, découvrit, entre le neuvième et le onzième parallèle nord, un amas d’îles qu’il nomma les îles des Rois, à peu près par la même longitude que l’île Saint-Barthélemy; il se rendit ensuite aux Philippines et aux Moluques; et, en revenant au Mexique, il eut le premier connaissance des îles ou terres nommées Nouvelle-Guinée et Terres des Papous. Il découvrit encore par douze degrés nord, environ à quatre-vingts lieues dans l’est des îles des Rois, une suite d’îles basses, nommées les îles des Barbus.
Diego Hurtado et Fernand de Grijalva, partis du Mexique en 1433, pour reconnaître la mer du Sud, ne découvrirent qu’une île située par vingt degrés de longitude ouest de Paris. Ils la nommèrent île Saint-Thomas.
Jean Gaëtan, appareillé du Mexique en 1542, fit aussi sa route au nord de la ligne. Il y découvrit entre le vingtième et le neuvième parallèle, à des longitudes différentes, plusieurs îles; à savoir, Rocca, Partida, les îles du Corail, celles du Jardin, la Matelote, l’île d’Arézise, et enfin il aborda à la Nouvelle-Guinée ou plutôt, suivant son rapport, à la Nouvelle-Bretagne; mais Dampierre n’avait pas encore découvert le passage qui porte son nom.
Le voyage suivant est plus fameux que tous les précédents.
Alvar de Mendoce et Mindana, partis du Pérou en 1567, découvrirent les îles célèbres que leur richesse fit nommer îles de Salomon; mais, en supposant que les détails rapportés sur la richesse de ces îles ne soient pas fabuleux, on ignore où elles sont situées, et c’est vainement qu’on les a recherchées depuis. Il paraît seulement qu’elles sont dans la partie australe de la ligne, entre le huitième et le douzième parallèle. L’île Isabella et la Terre de Guadalcanal, dont les mêmes voyageurs font mention, ne sont pas mieux connues.
En 1579, Pedro Sarmiento, parti du Callao del Lima, avec deux vaisseaux, entra le premier par la mer du Sud dans le détroit de Magellan. Il y fit des observations importantes, et montra dans cette expédition autant de courage que d’intelligence. La relation de ce voyage a été imprimée à Madrid en 1768. Elle renferme des détails intéressants pour tous les navigateurs qui seront dans le cas de franchir le détroit de Magellan.
En 1595, Alvar de Mindana, qui avait été du voyage fait par Mendoce dans l’année 1567, repartit du Pérou avec quatre navires pour la recherche des îles de Salomon. Il avait avec lui Fernand de Quiros, devenu depuis célèbre par ses propres découvertes. Mindana découvrit entre le neuvième et le onzième parallèle méridional, environ par cent huit degrés à l’ouest de Paris, les îles Saint-Pierre, Magdelaine, la Dominique et Christine, qu’il nomma les Marquises de Mendoce, du nom de dona Isabella de Mendoce, qui était du voyage; environ vingt-quatre degrés plus à l’ouest, il découvrit les îles Saint-Bernard; presque à deux cents lieues dans l’ouest de celle-ci; l’île Solitaire, et enfin l’île Sainte-Croix, située à peu près par cent quarante degrés de longitude orientale de Paris. La flotte navigua de là aux Larrones, et enfin aux Philippines, où n’arriva pas le général Mindana: on n’a pas su ce qu’était devenu son navire.