[276] Voir ce que nous avons dit au sujet de la lettre du 6 août adressée à Madame Élisabeth.

[277] Mme de Bombelles est inégale dans ses appréciations politiques. Nous avons montré des moments où elle s'est montrée plus modérée et, partant, plus perspicace.

[278] Par décret du 6 avril, la Convention avait ordonné l'arrestation de tous les Bourbons qui se trouvaient encore en France. En exécution de ce décret, le duc d'Orléans (Philippe-Égalité), le duc de Montpensier et le comte de Beaujolais étaient incarcérés à Marseille. Le duc de Chartres, dont la conduite militaire avait été fort brillante à Jemmapes et à Valmy, avait suivi Dumouriez en émigration.

[279] Mme de Bombelles partageait les illusions de beaucoup d'émigrés et de royalistes sur Gaston, perruquier, général de quelques jours, qui commanda le soulèvement de Challans et fut tué le 15 avril 1793 à Saint-Gervais. De faux rapports avaient fait de lui le commandant de Longwy, qui avait ouvert ses portes aux princes en 1792, et beaucoup s'imaginaient que tous les insurgés vendéens étaient commandés par le général Gaston. Voir les Mémoires de Mme de la Rochejacquelein, t. I, p. 105, édit. Dentu.

[280] Nantes fut attaquée le 29 juin par les troupes de Charette et de Cathelineau. L'armée royale dut se retirer après dix-huit heures de combat. Cathelineau était blessé à mort dans l'attaque et mourait quelques jours après.

[281] Pour le mouvement fédéraliste, voir Du Chatellier, Histoire de la Révolution en Bretagne; Cf. Carrier à Nantes, Plon, 1897.

[282] La capitulation de Mayence est du 22 juillet. Celle de Valenciennes du 1er août.

[283] Maret, le futur duc de Bassano, Huguet de Montaran de Sémonville, futur marquis de Sémonville et grand référendaire de la Cour des Pairs, alors agents diplomatiques de la République, furent en effet arrêtés le 25 juillet. L'Autriche, violant le droit des gens—avec le but de se faire des otages—les fit enfermer dans la forteresse de Kufstein, en Tyrol. Ils y demeurèrent jusqu'en 1795, époque où ils furent échangés contre Madame Royale. On doit croire qu'en traversant l'Italie, les deux envoyés étaient chargés de promettre à Florence, Venise et Naples la conservation des jours de la Reine, à condition que ces trois États feraient un traité d'amitié avec la France. Voir: Maret duc de Bassano, par le baron Ernouf;—Sur la captivité de Kufstein cf. les papiers Bassano publiés dans le Carnet historique et littéraire, année 1899. Sur la généalogie des Montholon-Sémonville, voir les Souvenirs de la comtesse de Montholon publiés par le vicomte du Couédic et le comte Fleury, Emile Paul, 1901.

[284] Les émigrés semblent s'être complus à souligner d'étrange sorte la façon peu courtoise dont Sémonville et Maret avaient été accueillis en Suisse. Sémonville se plaint à Barthélemy ambassadeur auprès de la république helvétique: «A Coire, M. de Bombelles, considéré comme le chef des émigrés, avait retenu une chambre pour voir de la fenêtre les insultes dirigées contre nous. Un silence absolu et l'attitude du mépris devaient être notre seule réponse jusqu'à une provocation directe. Elle n'a point eu lieu; mais ce complément d'outrages n'était pas nécessaire pour que vous fussiez instruit d'un fait aussi contraire aux principes professés pour le conseil helvétique.» Papiers de Barthélemy, publiés pour la Commission des Archives diplomatiques, par Jean Kaulek.

[285] Il ne pouvait être question de Gaston, mort depuis trois mois. Mais quatre jours après la mort de Cathelineau, le 18 juillet, Santerre fut battu à Villiers par les Vendéens de la Rochejacquelein et de Lescure. Santerre ne put s'échapper qu'à grand-peine. Voir les Mémoires de Mme de la Rochejacquelein et Savary, Guerre des Vendéens, t. II.