—Oui, fit le garde.
Je m'approchai de lui et je lui demandai:
—Est-ce moi que vous allez emmener, monsieur? Où donc allez-vous me conduire?...
Il se mit à rire sans répondre.
Je m'adressai à une des trois femmes.
—Chez le médecin, me répondit-elle brutalement.
Je regardai cette femme et ses deux compagnes. L'une avait des cheveux gris ébouriffés, sortant de dessous un mouchoir mal attaché; elle prenait du tabac et sentait l'eau-de-vie. L'autre, qui disait qu'elle aimerait mieux être à la barrière de l'École que là, avait une robe rouge et verte et un bonnet couvert de fleurs. Celle qui m'avait répondu pouvait avoir trente ans; elle avait dû être assez jolie; sa mise était décente et élégante. Je ne comprenais pas pourquoi elle se trouvait avec ces femmes qui me faisaient horreur.
En ce moment, le gardien sortit de la salle du rez-de-chaussée, où j'avais passé quelques instants la veille; deux autres femmes le suivaient. Je reconnus celle avec laquelle on m'avait arrêtée. J'allais me diriger vers elle, quand je la vis regarder d'un autre côté; je compris qu'il ne fallait pas lui parler là. J'attendis.
On nous mit en rang: un garde devant, l'autre derrière, et l'on nous fit sortir.
La porte était pleine de monde, hommes et femmes; ils attendaient sans doute le passage de ceux qu'ils connaissaient.