—Je pars ce soir!
Elles prenaient les commissions des autres qui revenaient en pleurant.
—Je serai transférée demain; j'en ai pour deux mois.
J'en vois encore une, pâle, abattue, qui disait à une de ses amies:
—Je suis malade, je vais à l'hôpital.
De vieilles misérables regardaient tout cela sans émotion, sans repentir ni pitié. Les plus jeunes parmi celles qui pleuraient demandaient pardon à Dieu de leur chute et lui promettaient de se repentir. Je ne sais si quelques-unes tinrent parole; mais à coup sûr, en ce moment, elles étaient sincères.
Des éclats de rire répondaient à des plaintes, à des jurons, à des mots tellement cyniques, que le garde menaça celles qui les proféraient de les faire consigner au cachot, si elles continuaient.
Deux de ces femmes étaient ivres, et ne paraissaient pas vouloir céder. On vint appeler Thérèse. Je me levai en joignant les mains pour qu'on me laissât sortir avec elle; elle me fit un signe de tête et d'épaule, qui voulait dire: Je suis prisonnière moi-même; je ne puis pas t'emmener. Je retombai sur mon banc, n'entendant plus rien qu'un bruit confus. La porte se rouvrit sans que j'y prisse garde. On prononçait mon nom; on faisait rentrer Thérèse et on disait: «La petite avant.»
—Va, me dit-elle, en m'aidant à me lever.
Sortir d'une prison pour entrer dans une autre prison vous semble faire un pas vers la liberté. Je courus vers la porte.