—Est-ce que vous étiez en état de vagabondage quand elle vous a trouvée? Pourquoi ne rentriez-vous pas chez votre mère?

Il me regarda comme s'il eût voulu lire au fond de mon âme; il paraît que cet examen fut en ma faveur, car il reprit:

—Mais, ma pauvre enfant, si votre mère n'est pas à Paris, je vais être obligé de vous garder jusqu'à ce qu'elle arrive. Au lieu d'écrire par la poste, je vais envoyer un agent.

Il sonna et l'on vint me chercher; Thérèse m'attendait avec impatience.

—Eh bien! me dit-elle, que s'est-il passé?...

—Je suis obligée d'attendre ma mère ici, lui répondis-je, distraite et ne comprenant pas la portée de sa question.

Mais ma distraction ne fut pas de longue durée.

—Ah! pardon, lui dis-je, j'oubliais que vous aussi, votre sort est en suspens; j'espère que vous allez sortir de suite.

J'allai m'asseoir au fond de la salle, appuyant ma tête sur le mur. Ma pauvre tête était si lourde, que je ne pouvais plus la soutenir...

On vint appeler Thérèse. Je lui serrai la main. Tant d'émotions m'avaient anéantie; je ne pouvais plus dire un mot.