—Allons, viens que je t'embrasse, boudeuse. Je t'avais bien dit que ta mère ne te croirait pas. Tu as eu bien tort; mais, si tu veux, il est encore temps.
—Tenez, lui dis-je, on monte; je crois que c'est ma mère; je vais vous donner ma réponse devant elle... Ma chère mère, arrive donc pour me conseiller. Voici ce que monsieur me proposait à l'instant; que penses-tu que je doive faire?
Il me regarda, haussa les épaules et dit à ma mère:
—En vérité ta fille est folle. Elle ne sait qu'inventer pour nous brouiller.
Ma mère ne répondit rien.
—Ah! ça, lui dis-je? Était-ce pour te moquer de moi que tu m'as promis que tu allais le quitter? Crois-tu que, sans cette promesse, je serais restée ici? Voyons, parle!
Ma mère s'emporta contre moi, me disant qu'elle ne pouvait avoir confiance en moi; que du reste elle était fatiguée de tout cela; que ceux qui voulaient partir étaient libres.
Ses paroles me tombaient si lourdement sur le cœur, qu'il ne battait plus.
Je me mis à pleurer en lui disant:
—Il ne vous manquait plus que de me chasser; vous le regretterez.