Il me fit signe que oui, et il s'assit sur son marchepied qui était resté ouvert. Ayant dépassé la porte cochère, je trouvai une barrière grillée, je l'ouvris. Une sonnette s'agita. Ce bruit, auquel je ne m'attendais pas, me fit peur.
Il y avait au fond de la cour d'énormes cuisines. J'allais ressortir, car je devais m'être trompée; Denise ne pouvait demeurer dans une aussi belle maison; mais, au moment où j'ouvrais la porte, une voix me dit:
—Qui demandez-vous?
J'étais embarrassée et je répondis en balbutiant:
—Pardon, madame, je crois m'être trompée... Je demande Mlle Denise; savez-vous si elle demeure ici?
—Je n'en sais rien, je ne connais pas les femmes. Je ne monte jamais; je suis cuisinière. Puis elle appela dans la cour. Fanny!... Attendez, me dit-elle, la femme de chambre va descendre.
Je suis assez loin de ce temps pour qu'on me pardonne un aveu, qui, d'ailleurs, a un rapport avec le triste récit que la vérité me force à faire. J'étais jolie, et, dans le lieu infâme où j'avais mis le pied, la beauté est le plus dangereux des passe-ports.
Mlle Fanny parut. Je dois dire qu'elle avait l'air personnellement très-désagréable. Cependant, après m'avoir regardée, elle me parla du ton le plus doux et le plus caressant.
—Qui demandez-vous? ma fille, me dit-elle, en se mettant en face de moi pour mieux me voir.
—Je demande Mlle Denise.