—A la bonne heure; je craignais que vous ne vinssiez pour tâcher de l'emmener. C'est que je ne veux pas qu'on entraîne mes pensionnaires. C'est dans leur intérêt; je n'aime pas les coureuses.

Elle sonna; Fanny parut.

—C'est bien celle que nous pensions, que mademoiselle désire voir. Dites-lui qu'on la demande, elle peut descendre comme elle est: c'est une de ses amies.

Puis, se retournant de mon côté, elle m'examina avec attention. Il paraît que le résultat de cet examen la satisfit, car elle me demanda si je voulais me placer. Elle me dit qu'il lui manquait du monde, et qu'elle me garderait avec plaisir, si cela me convenait. Elle s'informa de mon âge, et voulut savoir où j'avais été jusqu'alors.

Je lui répondis que j'avais à peine seize ans, que j'avais toujours demeuré chez ma mère, mais que j'étais décidée à sortir de chez elle.

—Vous n'êtes donc pas inscrite? me dit-elle étonnée.

—Non, madame.

—Oh! mais alors vous ne pouvez pas rester ici; dépêchez-vous de partir. Et elle sortit.

J'étais si résolue dans ma funeste détermination, que je me sentis toute désappointée.

Denise venait d'entrer. Elle se jeta dans mes bras.