Je suivis le valet de chambre, qui m'installa dans une jolie chambre fraîchement décorée.
Une fois seule, j'eus bien envie de visiter les chambres qui donnaient dans la mienne. Je ne l'osai pas; je mis les verroux et je me couchai. J'eus dans la nuit une soif dévorante, mais je n'osai appeler.
Le matin, on frappa doucement; c'étaient le médecin et le valet de chambre.
—Une minute, dis-je.
Je passai une robe; ils causèrent en attendant; j'entendis:
—Il ferait bien mieux de se faire soigner lui-même; cette maladie de langueur lui jouera un vilain tour. Et vous dites qu'il a amené cette femme cette nuit!... Où aura-t-il trouvé ça? Il finira par se faire voler! S'il continue, j'écrirai à son père.
J'ouvris la porte, à moitié nue; cette conversation me faisait mal. Je répondis à demi-mot à ce médecin, qui sortit en disant: «Elle n'a rien.»
M. L... rentra à dix heures, plus pâle que la veille.
—Eh bien, me dit-il, vous n'avez rien... tant mieux! C'est égal, soignez-vous!
Il me fit donner à déjeuner, me demanda ce qui me manquait pour ma toilette, et partit jusqu'au lendemain.