M. L... semblait très-affecté.

—J'avoue, dit-il, que ce que je crains le plus au monde c'est la petite vérole. Nous ne pouvons cependant pas laisser mourir cette pauvre femme comme un chien, et quand je devrais la soigner moi-même, je ne l'abandonnerai pas. Mais voyons, docteur, est-ce qu'on ne pourrait pas la conduire dans une maison de santé? Je payerais bien volontiers tous les frais.

—Non, répondit le docteur; la changer de place en ce moment est impossible: ce serait vouloir la tuer. Je vais tâcher de vous envoyer une garde-malade.

Il prescrivit quelques remèdes, et je l'entendis marcher et sortir.

Je me redressai; je serrai ma tête dans mes mains pour en faire jaillir une idée. Ma tête me brûlait les doigts et semblait consumer mes pensées. Je mis mon chapeau resté sur une table, ma robe, mon manteau; j'ouvris une porte; je traversai une pièce, puis deux, sans rencontrer personne; enfin l'antichambre, l'escalier.

En bas, les forces me manquèrent; j'appuyai mon front sur la pomme de cuivre, pour tâcher de me rafraîchir, et, faisant un effort surhumain, je secouai ma volonté dans le bandeau de feu qui la comprimait. Je montai dans un fiacre qui se trouvait en face de la porte, et je dis au cocher en me roulant sur la banquette:

—A l'hôpital Saint-Louis.

IX
L'HOPITAL SAINT-LOUIS.

J'avais fait la route sans souffrance... je m'étais évanouie! Le cocher s'apercevant que j'étais tombée sans connaissance, au fond de sa voiture, avait demandé au concierge de l'hospice de l'aider à me descendre. On était allé chercher le médecin de service qui m'avait fait transporter dans une salle et me portait tous les soins nécessaires.