—Bravo! Pomaré!

Cette soirée fit événement; plusieurs journaux en parlèrent le lendemain.

Ce soir-là, M. Brididi n'avait pas l'air content; il dansait avec de jolies filles, mais on n'était occupé que de Pomaré. Il pensa à lui donner une rivale, et chercha un sujet nouveau. Je le regardais si souvent, qu'il crut que j'avais envie de danser avec lui; ce qui était, du reste, un grand honneur. Il vint à moi et m'invita. Je lui dis que ce serait avec plaisir, mais que je ne savais pas danser.

—Eh bien, je vous apprendrai.

En effet, il m'apprit.—J'avais une jolie taille, de beaux bras... J'ôtai mon petit châle, et je restai avec ma robe de barége à manches courtes. On me regarda beaucoup, cela m'encouragea. Je sautais comme une plume!... Après le quadrille, Marie, qui avait tenu mon châle et mon chapeau, me dit:

—Sais-tu que tu danses très-bien!

—Certainement ajouta M. Brididi.

Je fus toute fière!... J'aurais bien voulu qu'on m'appelât aussi Pomaré!...

Je pris un grand goût pour la danse!... A la fin de la soirée, M. Brididi me dit sans façon:

—Voulez-vous venir souper avec nous?