Nous apprîmes pendant cinq heures; enfin, je la savais à merveille. On faisait une foule de figures qui vous donnaient l'air de chiens savants: les bras, les jambes, le corps, la tête, tout remuait à la fois; on eût dit un monde de télégraphes et de pantins. Mais c'était nouveau, et on trouvait cela joli.
M. Brididi m'engagea à rester chez lui. Il était bien tard; je le remerciai.
Il vint nous reconduire.—Comme c'était un charmant garçon, et que je ne voulais pas qu'il me prît pour une bégueule, je lui racontai l'état de mon cœur... mais, à chaque phrase, je faisais un saut de polka, et j'en chantais l'air; ce qui fit rire Marie et dire à Brididi:
—Allons, allons, c'est bien! soignez-vous; j'espère que vous ne serez pas longue à guérir.
Nous étions arrivés à la maison, je demandai:
—Il n'est venu personne?...
—Non!
J'étouffai un soupir au fond de mon cœur.
Arrivée dans la chambre, je me mis à polker.
—Je suis contente, me dit Marie; tu prends ton parti gaiement.