Je reconnus la voix de Louisa Aumont.

Ce fut moi qui pris Brididi dans mes bras, et le fis danser de force. Il avait beau me dire:

—Je ne suis pas en mesure; j'allais toujours.

Enfin, je fis plus d'attention, et je dansai à merveille.—Je passai plusieurs fois devant Louisa Aumont, et je me penchais si fort sur mon danseur, qu'elle put croire que je l'embrassais. Il voulut se reposer. Presque près d'elle, je lui criai: «Viens donc, viens donc!...» Il n'y prit pas garde.—Je le tutoyais!...

On se mit à m'applaudir à outrance; on me suivait, on me désignait du doigt!...

—Fi! l'horreur! disait Louisa Aumont au bras d'un vieux monsieur; peut-on s'afficher ainsi!...

Je vis bien qu'elle était vexée!... C'est égal, le mot me piqua; je voulus me venger. J'attendis qu'elle passât près de moi. Je l'arrêtai par le bras, et je lui dis:

—Bonjour, ma chère Louisa; y a-t-il longtemps que vous n'êtes allée à Versailles voir votre amant?

Elle devint pourpre, et voulut continuer son chemin; je l'arrêtai de nouveau.

Elle me dit:—Je ne vous connais pas!