—Vous m'aimez comme votre fille, et je vous en remercie; mais on n'épouse pas sa fille.

Je regardais dans ses yeux, car je venais de comprendre sa pensée!... Mon cœur se révolta.

Je regardai la porte. Elle était fermée à clef; ordinairement, on mettait la clef en dedans, mais on laissait la porte fermée au pêne. Je vis, entre la gâche et la serrure, qu'il avait donné deux tours et qu'il avait retiré la clef. J'eus peur, car il n'avait pas sa raison. Il s'approchait de moi.

En une minute, il me passa dix idées différentes. J'avais envie de lui demander grâce, de le menacer de le tuer, s'il me touchait. Mais, rappelant tout mon courage, je serrai mon châle autour de moi, et je lui dis, en le regardant bien en face:

—Que me voulez-vous?...

Il hésita un instant, étendit les bras pour me prendre, et me répondit à voix basse:

—Je veux que tu m'aimes! je veux t'avoir! je t'aurai!...

Je courus à la porte; elle était fermée. Je me cramponnai après.

Je lui dis que j'allais appeler au secours, s'il me touchait. Il me prit au milieu du corps et m'étreignit dans ses bras.

Je fis un effort si violent pour glisser à terre que j'y parvins, et m'attachant au bois du lit de toutes mes forces, je criai au secours. Ma voix était faible. Il m'arracha mon châle, déchira mon fichu. La pudeur, la honte me firent lâcher prise. Je croisai mes mains pour cacher ma poitrine presque nue. Il me souleva et me serrant, il me dit: