Je me mis à crier. Il me tira si brutalement, que mon corps tomba sur le côté de la croisée restée ouverte, et que mon coude brisa un carreau. Je ne sentis rien.
A ce moment, il se fit du bruit dans la rue, Vincent eut peur; il prit la fuite et la porte resta ouverte.
J'avais trois coupures au bras. Je mis ma robe, mon châle, un bonnet, et je sortis sans savoir où j'allais.
Au milieu de l'escalier, la peur me reprit; je n'osai pas descendre une marche de plus.
Il n'y avait pas de concierge dans cette maison. L'escalier n'était pas éclairé. La porte de l'allée s'ouvrait avec un secret; il me sembla qu'on fermait cette porte avec précaution. Je remontai comme une ombre, et je m'arrêtai à l'étage au-dessus de chez moi.
J'entendis quelqu'un monter; notre porte s'ouvrit. Elle resta entr'ouverte; je voyais un rayon de lumière sortir par la fente.
—S'il me trouve, me disais-je, il me tuera. Il faut sortir de cette maison... Et je m'élançai dans l'obscurité avec une vitesse effrayante. S'il veut m'arrêter, pensai-je, je crierai si fort qu'il viendra du monde.
Mais cette idée ne me donnait pas grand courage, car nous n'étions dans la maison que deux locataires, un au quatrième, nous au second.
Je passai devant la porte. Le rayon m'éclaira. Il me sembla que Vincent allait s'élancer sur moi comme un loup. J'étais au premier; je n'entendis rien.
Une fois en bas, je poussai la porte, et je pris ma course du côté de la place Royale.