Je pleurais... j'avais faim; je ne pouvais plus marcher pour attendre l'heure de rentrer.
Je m'assis sur les marches de l'église Saint-Paul, je mis ma tête dans mes mains, et je demandai à Dieu si je ne ferais pas mieux d'aller me jeter à l'eau.
Bien des gens passèrent près de moi sans me regarder. Je sentis quelqu'un me frapper sur l'épaule.
—Qu'est-ce que tu fais donc là, petite? Voilà plus de deux heures que tu es ici; tu pleures?
La personne qui me parlait était une femme de vingt-cinq à trente ans, assez jolie de figure.
Elle avait une robe de soie noire, un bonnet à rubans, un tablier, comme c'était la mode, avec des fleurs de couleur. Elle tenait sa robe retroussée d'un côté, et laissait voir un pied bien chaussé dans une bottine noire. Ses bas bien blancs, bien tirés, annonçaient des habitudes d'élégante propreté.
Sa figure me plut. Elle n'eut pas besoin de me demander deux fois la même chose...
Je lui racontai pourquoi j'étais là. Elle se rangea dans un enfoncement qui séparait les boutiques de l'église. Il faisait sombre; elle paraissait ne pas vouloir être vue.
—Pauvre fille, me dit-elle, pensez-vous que votre mère revienne bientôt?
—Oh! oui, je l'espère; demain, après-demain peut-être, mais elle ne peut tarder.