Elle me demanda si je lui avais écrit. Je répondis que je ne savais pas écrire, et que, dans tous les cas, j'ignorais son adresse à Fontainebleau.

Elle semblait en proie à une grande hésitation.

—Tu ne peux pas coucher dans la rue... je ne peux pas t'emmener... Ah! bien, tant pis, il faut que tu manges. Vois-tu, je ne peux pas marcher à côté de toi. Suis-moi à quelques pas, tu entreras où tu me verras entrer.

J'avais si peur de la perdre, que je lui marchais sur les talons. Je la vis rire avec des femmes qui se promenaient de long en large; l'une d'elles lui dit en passant:

—Tu vas chez toi? on te suit.

—Oui, répondit-elle; et, me regardant, elle se mit à rire de bon cœur.

Arrivée à deux cents pas, elle s'arrêta devant la porte d'un marchand de vins, jeta un regard dans la boutique où il y avait beaucoup de monde.

Elle entra dans une allée qui touchait à la boutique à rideaux rouges, et me fit signe d'attendre.

Elle ouvrit une porte qui devait donner dans une des salles du marchand de vins, prit une chandelle et une clef avec un numéro en cuivre. Arrivée au premier, elle ouvrit une porte vitrée garnie de rideaux de calicot rouge, comme chez le marchand de vins.

C'était bas de plafond. Il y avait un lit, une espèce de canapé, deux chaises, une table.