Toutes ces rues qui montent et descendent m'ennuyaient; d'ailleurs je n'avais pas le loisir de m'arrêter longtemps.
Je m'étais figuré que Bruxelles devait avoir un cachet particulier. Je rentrai désillusionnée, et je partis pour Anvers dans un mauvais chemin de fer qui nous secoua à nous bossuer le front les uns contre les autres. Heureusement que le chemin n'était pas long.
J'arrivai très-incommodée; je demandai où se trouvaient les bateaux à vapeur faisant le service de la Haye; je m'adressai à un grand homme joufflu qui me laissa répéter trois fois, puis finit par me faire signe qu'il ne comprenait pas. Je l'envoyai au diable en français. Il me fit un grand salut.
Un employé vint m'annoncer que les bateaux à vapeur ne marchaient pas, à cause des glaces; qu'ils reprendraient peut-être leur service dans une quinzaine de jours.
L'autre m'avait mal disposée, j'eus envie de battre celui-là; mais, comme je n'aurais pas été la plus forte et que je n'ai pas la témérité de Lola-Montès, je le pris par la douceur: je me donnai un air d'importance, et je dis que j'étais attendue pour des affaires qui n'admettaient aucun retard; qu'il fallait à tout prix que je partisse.
—Dame! il y a bien des voitures, mais vous serez très-mal.
—Qu'à cela ne tienne; où sont-elles?
Il m'indiqua l'hôtel du Cheval Blanc.
On me mit dans une chambre à deux lits avec ma buse de bonne, que j'étais obligée de servir. Après cela, je ne savais pas commander; elle pouvait bien ne pas savoir obéir.
Une grosse fille vint mettre une allumette au poêle.