Quand j'eus fini, je vis beaucoup d'hommes sur un port où nous abordâmes avec force difficultés.

Une fois à terre, nous reprîmes une voiture qui était toute prête.

On mit deux chevaux à la voiture du jeune homme, qui marcha à la tête avec beaucoup de respect.

Nous traversâmes la ville, qui était, je crois, Rotterdam.

Je ne vis que des bornes, des chaînes et des grilles; la campagne était inondée, et l'eau qui recouvrait les champs était gelée. Çà et là des enfants qui patinaient.

Quand nous fûmes à quelques lieues de la Haye, le paysage s'anima; les prés étaient couverts de patineurs; les femmes portaient sur leurs têtes des corbeilles rondes, tenaient leur tricot à la main, et glissaient comme les hirondelles qui rasent la terre, cela si facilement, sans quitter leur ouvrage, que je fus émerveillée tout le reste de la route.

On va se faire des visites d'une ville à l'autre, on se rencontre, on cause, puis on repart; c'est très-joli, je fus enchantée et je voulus essayer.

Nous fîmes halte dans une auberge; j'envoyai acheter des patins, et me voilà essayant. Au premier départ, je m'étendis tout de mon long; au second, ce fut la même chose. J'appris seulement qu'on ne tombait jamais en avant.

Je m'obstinai, la glace était dure; je fus forcée d'y renoncer. Quand il fallut me rasseoir en voiture, je regrettai bien de n'avoir pas cédé plus tôt.

Enfin nous arrivâmes; je fus à l'hôtel de l'Europe. J'avais demandé le plus beau de la ville et on me l'avait indiqué.