Ils sont fatigués, poudreux, mais ils se sont amusés pour huit jours.

Je comparais ces plaisirs de mon enfance avec les plaisirs de cette belle jeunesse, dorée en Ruolz, au milieu de laquelle je venais de vivre, et je trouvais les premières bien préférables.

Que faisaient-ils, en effet, pour se distraire, tous ces jeunes gens, qui se croient originaux en mêlant l'anglomanie avec les traditions de la Régence?

Les plus inventifs avaient monté de grands chevaux maigres; ils s'étaient déguisés en domestiques; ils avaient couru, soit au bois de Boulogne, soit au Champ-de-Mars; ils étaient tombés deux ou trois fois; ils avaient perdu de l'argent; ils avaient dîné tous les jours au restaurant, joué une partie des nuits avec des maîtresses; ils allaient au bal, à leur cercle, et, dans tout cela, ils n'avaient pas trouvé moyen de s'amuser de bon cœur pendant une heure.

Ne me parlez plus d'un monde où, pour avoir l'air comme il faut, il faut être maigre et jaune. On dirait que leur vie est une chose qu'on leur a donnée à tuer.

J'avais vu les deux genres de vivre; l'existence des badauds me paraissait réellement plus amusante, et je faisais le projet de retourner à eux.

Ma boutique était très-jolie; ma mère s'était installée à merveille, mais nous n'aurions pas pu faire cinquante francs de ce qui nous restait.

Ma mère prit de bonnes ouvrières, et l'ouverture du magasin de modes fut fixée au vingt du mois; nous étions au neuf.

L'appartement que je m'étais loué était au second, sur la cour.

Je rangeai tous mes meubles avec délices. J'avais renvoyé Joséphine, qui ne dormait pas quand il s'agissait de me voler.