Il posa sa lettre et fut ouvrir. Je vis entrer une petite brune, le nez en l'air.
—Tiens! dit-elle en me regardant, vous recevez Mogador? Fallait me faire dire de ne pas monter... Et elle fit mine de s'en aller.
Il s'empressa de la retenir.
Je compris alors que si la pauvre Marie avait passé sous les fourches de cette pécore, elle avait dû en voir de dures.
Je pris la lettre, pour que cette femme ne la vît pas.
La scène qui se passait entre eux me fit comprendre que celle-là se chargerait de venger Marie. Elle lui disait:
—C'est encore ta Marie qui t'envoie chercher?.. Vas-y, mon cher, ça m'est bien égal; ce n'est pas moi qui te cours après: je n'ai pas besoin de toi. Tu sais bien que je ne suis pas jalouse.
Tout cela me faisait mal; je me levai pour céder ma place et je dis à cette demoiselle que Marie n'envoyait pas chercher son amant et qu'elle pouvait le garder sans partage; que j'étais venue de moi-même le prier de la faire enterrer et de la conduire à sa dernière demeure.
—Tu vois! lui dit-il, toujours en lui barrant le passage.
Je sortis sans qu'il m'eût dit: merci!